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09/03/2026

Hart Crane, Key West et autres poèmes

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                À Emily Dickinson

 

Toi qui tant désirais — on réclame en vain —

Qui rassasiais ta faim comme un labeur perpétuel,

Tu osas révérer le travail, bénir la quête —

Tu atteignis cette paix, suprême en somme,

 

D’être, de tous, la moins recherchée ; écoute Emily !

Ô la Douce et Silencieuse en allée, soudain la plus limpide

Quand tu chantes cette éternité prise

Et pillée en chaque poitrine

 

— Nulle fleur, en vérité, ne s’atrophie dans ta main.

La moisson par toi distinguée, la moisson saisie,

Il faut plus que de l’astuce pour la cueillir, que de l’amour

[pour la gerber.

La réconciliation d’un esprit des plus distants —

 

Abandonne Ormizd sans rubis et laisse Ophir à son frimas.

Sinon les larmes couvrent tout un mamelon d’argile froid.

 

Hart Crane, Key West et autres poèmes, traduits de l’américain par François Tétreau, présentés par François Boddaert, Orphée/La Différence, 1989, p. 102-103.

 

 

08/03/2026

Étienne Paulin, Là

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Dans l’ombre

 

vivement que je meure

tu m’aimeras mieux

 

murmureras

par grappes à mon visage

de jolis mots sauvages

 

puis remarquant les ponceaux

tu ne sauras

de tout ce paysage

 

ce qui vraiment t’empêche

de l’adorer

 

Étienne Paulin, , Gallimard,

2019, p. 44.

07/03/2026

Blaise Cendrars, Georges Sauser-Hall, Correspondance, 1904-1960

 

                          Blaise Cendrars, Georges Sauser-Hall, Correspondance, 1904-1960, mer, tempête

(la mer) Aspect fantastique : d’énormes collines roulent, s’avancent, marchent, ondoient, avec le balancement gracieux des mammouths — viennent su plus profond lointain, se suivent, s’approchent lourdement. Puis, tout à coup, comme une colère anime la flamme des yeux, autour du bateau, elles ouvrent des gueules immenses, dardent des langues infernales d’écume, cratères, crachent des laves bouillantes de furie. Et elles se précipitent, de brisent en trombes éternuées d’eau, en clapotis ruisselants et furibonds. En faisant le gros dos, elles passent, elles passent quand même et câlinent sous le bateau qui s’élève —, puis de l’autre côté reprennent leur défilé impassible de [mouettes] tandis que le navire sombre en des abymes. — C’est, comme sortant du chaos, la suite inéluctable des siècles, vagues d’apocalypse déferlant autour du front de l’homme.

 

Blaise Cendrars, Georges Sauser-Hall, Correspondance 1904-1960, éditions Zoé, texte établi, annoté et présenté par Jehanne Denogent et Christine Quellec Cottier, Zoé, « Cendrars en toutes lettres », 2025, p. 269.

06/03/2026

Blaise Cendrars,Georges Sauser-Hall, Correspondance 1904-1960

Blaise Cendrars,Georges Sauser-Hall, Correspondance 1904-1960

Je veux exprimer tout le monde d’aujourd’hui, la vie de tous les jours, les annonces des journaux, les étiquettes des boîtes de conserve, les marques de fabriques, les horaires, ma vie avec toutes  ces adresses, une rage de dents, l’eau, la psychiatrie, toi, moi, les saisons, tout ce qui est concret, qui se voit, se touche, se sent, les couleurs, les échelles dans la lumière, le bois, le marbre, les tapis, tout ce que chacun possède enfin aujourd’hui : ce qu’il a asservi à son emploi de tous les jours ; en un mot : nos richesses. Ma poésie telle que les éléments merveilleux de la matière se prêtent à toutes les créations.

Blaise Cendrars, Georges Sauser-Hall, Correspondance 1904-1960, éditions Zoé, 2025.

05/03/2026

Blaise Cenrars, Georges Sauser-Hall, Correspondance, 1904-1060

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Tu riais une fois que je te disais que j’étais désabusé de tout ! Pour qui sait voir, chaque homme est réduit, comme dans les dessins des grands maîtres, à 3-4 traits principaux, lesquels s’expriment par 5-6 actions significatives et tout le reste est indifférent. Et lorsqu’on retourne au [fond de] soi-même, on a vite fait de détendre ces ressorts principaux, de sorte qu’il ne reste bientôt plus rien à contempler et  l’on frémit du vide que l’on entend en soi. Il y a bien encore quelques liens invisibles et aimés qui nous lient à nos proches, mais je suis sûr, que si ceux-ci savaient dans quels fers douloureux on est enchaîné, ils seraient les premiers à les rompre.

Blaise Cendrars, 22/10/1908 

Blaise Cendrars, Georges Sauser-Hall, Correspondance, 1904-1960, éditions Zoé, 2025, p. 132.

04/03/2026

Jean Tortel, Relations

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Ici le massif, éclat.

Sa couleur, son volume sont

Étonnants, sombres aussi.

 

 

Quand on avance avec l’outil

(Mais la terre était grise)

On imagine, on ne devine pas

Ce que sera l’opacité vermeille

Du massif chaud, ni quels insectes

Il nourrira vers la fin de l’été.

 

Par le vent et la pluie

Les fleurs deviennent noires

(Noircissent uniformément).

 

C’est exact, il est donc

Inutile de détailler.

Le zinnia, la rose d’Inde, le glaïeul

Sont noirs et pour brûler.

 

Jean Tortel, Relations, Gallimard,

1968, p. 63.

03/03/2026

Jean Tortel, Instants qualifiés

                                             

jean tortel, instants qualifiés, déranger

                                             Ce qui traverse

Est peut-être le vert

 

Ou les branches maigres

Rayant ce vent toutes ensemble

 

Ou ce corps maigre aussi

Dans l’ombre qu’il suscite

Dérange les brefs espaces

À traverser.

 

Jean Tortel, Instants qualifiés,

Gallimard, 1973, p. 59.

02/03/2026

Maria Casalis, Peur

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               Peur

 

J’ai eu peur de presque tout :

du noir, des formes sur les tapis,

du silence, du cri éraillé

du colporteur, du soir, d’une fête,

des regards dans le train et de moi-même.

Ces peurs, désormais, je leur fais confiance.

Il est venu ne chose, que je crains par-dessus tout

et qui peut me détruire ; que je fais plier

sous le poids de la raison, jusqu’à son retour :

c’est le sobre visage de madame

quand le matin elle rentre dans la chambre

ensemble avec la lumière désenchantée et que je sais

qu’elle va dire : mademoiselle, toujours pas de courrier.

 

Maria Vasalis, dans Papier peint Mauvais drap, n° 3-4,

Octobre 2025, p. 75.

 

01/03/2026

Camillo Sbarbaro, La paradis des lichens : recension

camillo sbarbaro, le paradis des lichens : recension

Le choix et la traduction d’un ensemble de textes de Camillo Sbarbaro (1888-1967) par Jean-Baptiste Para réjouira bien au-delà du cercle des amateurs de mousses et lichens. Cet écrivain italien, qui s’éloigna peu de sa Ligurie natale, publia principalement des plaquettes dont les titres sont éloquents : Copeaux, Feux follets, Coupons, Compte-Gouttes, Bulles de savon ; elles ont été déjà en partie traduites*, mais l’édition est épuisée depuis longtemps. C’était aussi un traducteur des tragiques grecs (Sophocle, Euripide, Eschyle) et de la littérature française, de Stendhal, Flaubert, Zola, Huysmans (pour À rebours) à Supervielle et Martin du Gard. Enfin, engagé volontaire dans la Croix Rouge pendant la Première Guerre mondiale, il y a réalisé sa première collection de lichens : il s’est passionné pour la plante et en est devenu au cours du temps un spécialiste reconnu, écrivant en latin ses découvertes, mais ses proses en italien sur le sujet visaient à faire partager sa passion. Dans sa préface, Jean-Baptiste Para écrit à propos du premier livre, Pianissimo (1914) : « mutisme du monde, mutisme de l’âme, aridité et angoisse, c’est sur ce socle premier, sans transcendance possible, que la poésie de Sbarbaro adviendra ».

 

Ces caractéristiques, sous d’autres aspects, sont présentes dans les extraits retenus ici. Plante fort modeste, souvent confondue par le profane avec la mousse, ou pas même vue, le lichen est à l’opposé de tout ce qui constitue les sociétés humaines qui, à de rares exceptions près, reposent sur la possession de biens (quand ce n’est pas d’humains), sur la propriété privée, et elles tendent toutes à se ressembler, à effacer les différences dans la vie quotidienne d’un bout de la planète à l’autre. À l’inverse, le lichen revêt toutes les formes imaginables et occupe tous les lieux possibles, y compris marins, et c’est « le plus polychrome des végétaux ». Sbarbaro lui-même en a découvert et décrit de nombreuses variétés et il leur donne leur nom quand il les rencontre : quand on le fait, commente-t-il, « il semble qu’on les aide à exister ». Cette émergence à la vie, cette intégration dans un classement botanique, n’empêche pas que, à l’époque de Sbarbaro, restait « une énigme » : on pouvait seulement dire avec certitude : « il appartient au règne végétal » ; on sait aujourd’hui qu’il est composé, vivant en symbiose, d’un champignon, d’une algue et/ou d’une cyanobactérie.

Quelle que soit sa composition, le lichen trouvait sa place dans l’herbier de l’écrivain, pour plusieurs raisons. D’abord :

 

L’herbier est un carnet d’échantillons du monde. Ressource des heures d’ennui, j’ouvre un paquet au hasard. Dans chacun il y a le monde. (…) La moindre plante que je vois, que je touche, le moindre fragment documente un point du globe ; il en est une parcelle.

 

Ensuite, c’est pourquoi l’herbier exclut que l’on puisse se sentir seul ; il participe à « l’inventaire du monde » mais il rassemble aussi les souvenirs de lieux donc de marches faites pour trouver les plantes, de rencontres de chercheurs, de correspondances. Enfin, pendant chaque recherche de lichens, il est à nouveau « l’enfant autorisé à faire main basse sur un magasin de jouets ». Sbarbaro n’hésite pourtant pas aussi à minimiser ce que représente la vie pour lui, « recueillir de petites herbes, écrire de petits riens ». À la question "Pourquoi le lichen", la réponse s’accorde avec tout ce qu’il écrit, « Forme négligée — pauvre ? — d’existence » et « curiosité, plaisir visuel, la sympathie ».

 

Parmi ces petits riens, Copeaux, où l’écrivain rapporte notamment qu’il regarde ce qui n’intéresse personne, semble cacher un mystère ; ainsi, il choisirait volontiers l’activité sans aucun intérêt d’un clerc de notaire « pour pénétrer le secret de la petite place moisie » qu’il traverse. Son commentaire est le plus souvent acide, sans illusion sur ses contemporains et sur lui-même ; ainsi, « Je connais cette rue comme ma vie et l’une et l’autre sont un même désert. » Pour supporter ce qu’est la ville, il la transforme par l’imagination et quand il pense une autre vie, ce pourrait être celle d’un petit fonctionnaire dans une ville sans intérêt, « Ce serait un suicide tranquille et décent ». Un désenchantement analogue parcourt les pages de Feux follets, « Bonheur, je ne t’ai reconnu qu’à ton bruissement quand tu t’es éloigné ». L’argent, devenu une valeur dans nos sociétés consuméristes, est associé au poison, à une drogue dont il faut se débarrasser. Sbarbaro ne perçoit pas toujours ses contemporains négativement, en particulier quand ils connaissent comme lui la pauvreté ; il remarque l’importance alors des fenêtres, « richesse des pauvres », moyen pour eux de voir et d’écouter les passants et « dans la vie de tous d’oublier la leur. »

 

Sans être passionné par les lichens, ou toute autre plante, on appréciera l’écriture de Sbarbaro, souvent elliptique, sans fioritures. Malgré son rejet d’une société estimée sans consistance, son sentiment d’y être souvent étranger, il sait exprimer son amour des choses, du jardin sauvage dans la ville, de la fragilité de la ballerine semblable « à la rose qui s’effeuille quand on la respire. » Ce choix de textes d’un écrivain peu connu en France, admiré par Carlo Emilio Gadda, est une belle découverte, d’autant plus agréable que l’ensemble donne l’impression d’avoir été écrit directement en français.

 

* Deux volumes de traductions ont paru en 1991 aux éditions Clémence Hiver, Pianissimo suivi de   Rémanences (B. Vargaftig, Bruna Zanchi et J-B. Para) et Copeaux suivi de Feux follets (J-B. Para).

Camillo Sbarbaro, Le paradis des lichens, traduction (italien) Jean-Baptiste Para, 2025, 90 p., 16 €. Cette recension a été publiée par Sitaudis le 26 janvier 2026.

26/02/2026

André Frénaud, Nul ne s'égare

 

 

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Retour d’enfant prodigue

 

Le vieux père est gâteux, il m’embrasse dès l’aube

et salit mon jabot avec ses yeux chassieux.

Mes frères je les hais, qui mentent comme je mens

pour sauver l’héritage dont il veut leur reprendre

les plus beaux bœufs pour la brebis perdue,

retournée au bercail en posture de repentance.

Qu’ils gardent les troupeaux, mais l’argent je le veux,

et ma sœur Adeline en tunique brodée,

qu’attisent ma misère et mon moignon verveux,

chemineau sur d’autres routes que leur niais chemin

qui mène de la maison natale au cimetière

par des comptes, par des amours, croient-ils,

parfaisant leur néant de vertu en vertu.

J’en ai assez déjà, je veux brûler les meubles

et la famille, eux tous. L’incendie est exquis,

Quand je repartirai gueniller par les villes.

Cette vie me plaît seule, de qui rien n’appartient

que trouble et que fureur à défaut d’avoir pu

être un autre ou m’aimer.

 

André Frénaud, Nul ne s’égare, Poésie/Gallimard, 2006, p. 269.

 

25/02/2026

André Frénaud, Nul ne s'égare

 

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La femme qui pleure, de Picasso (1939)

 

La femme avait si violemment vu le sang

qu’elle en demeura sans larmes,

et ses yeux se trouvèrent tout à coup dessaisis,

et les seins et le nez et les mains prirent tout

notre difformité calamiteuse

et — si l’on se souvient de ce jour-là —

c’est chacun de nous, qui portions au cœur

l’Espagne du peuple,

dont les yeux interdits se désaccordèrent,

morceaux déviés, agrandis,

devant un monde que l’on ne pourrait désormais 

                                                                            FIXER    

 

André Frénaud, Nul ne s’égare, Poésie/Gallimard, 2006, p. 194.

24/02/2026

André Frénaud, Nul ne s'égare

 

                         andré frénaud, nul ne s'égare, funérailles

Une distribution absurde ou Champ d’accueil

 

Arrivage de nouveaux morts. Des tombes fraîches

maintiendraient en vie notre communauté.

Mais de nouveaux vivants, il en faut

pour faire ces défunts auxquelq on rend hommage.

On devrait obliger tous les originaires

à revenir ici passer leurs derniers jours.

Enfance irrecouvrable. Mais qui cherche le secret, les émois éclairants

qu’il retrouverait peut-être au début du fil ?

On se dépenserait dans son jardin.     

                        On s’y appartient. On s’y plaît.

On donne les fruits qui vont se perdre. On échange

les graines en trop. On laisse… Et déjà

la cérémonie terminale, terre ouverte,

ultime charroi, l’irrémédiable permet

de colorer le chagrin adieu tous.

 

André Frénaud, Nul ne s’égare, Poésie/Gallimard, 206, p. 230.

23/02/2026

André Frénaud, Hæres

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     Qui perdure ?

 

La lecture des signes dans les almanachs,

les dictons propitiatoires,

les serments et les interdits,

l’émoi profond qui restera tu,

les imprécations et les égarements,

les recettes perdues, l’avidité aride,

la rumeur de la fête se perpétuant,

les imputations calomnieuses, les aveux perfides,

l’imprévisible que l’on ne peut conjurer,

l’obscurcissement des saisons,

l’obstination et le délaissement,

la récolte et la promise, qu’en reste-t-il ?

 

André Frénaud, Hæres, Gallimard, Poésie/Gallimard, 2006, p. 143.

22/02/2026

André Frénaud, Hæres

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           Rêveuse cuisine

 

Les gras s’assemblent au mitan,

le gris s’assimile toute la boutique,

la grosse balance pèse les moustiques

et joue toute seule en maugréant.

La carence de la légume fait mine misérable à la resserre

où l’endive blanchit dans la solitude.

Ô temps des gigots et des châteaubriants,

pourquoi scander encore

ces scandaleux jours de famine, s

onge l’horloge des hrands-parents ? Ô temps

des chaudrons qui chantaient, des chandelles…

 

Dort la bonne, elle a des envies`

de perdre sa place :

dans la nuit de la fête

le petit veau froid a mangé l’oie,

dans le frigidaire.

 

André Frénaud, Hæres, Poésie /Gallimard, 2006, p. 113.

21/02/2026

André Frénaud, Hæres

 

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      Incertitudes des rus et rivières

 

Le Vau ou la Vau, une autre, ou le même,

qui se fond dans l’Oze, et l’Oze on dirait,

— Ou si c’était l’Oise, ou c’est l’Ozerain  —

qui allait se mêler à l’Armançon.

Et si l’Armançon rencontrait la Brenne, 

en fait-elle son lit ou bien s’y confond ?`

Qui saurait dire avec ces rus et rivières ?

Qui peut savoir qui s’accroît ou se perd ?

Divaguant tous les jours entre les saules,

— les eaux multiples, l’unique flux qui poursuivait…

Les prés sont émaillés de leurs beaux noms.

Elles n’ont rien à trouver, elles ne prouvent rien.

Que fonderait-il, qui s’écoule ? Nous de même

qui déambulons par ci, par là.

 

André Frénaud, Hæres, Poésie/Gallimard, 206, p. 140-141.