08/10/2026
Marianne Moore, Licornes et sabliers

À un escargot
Si "la concision est la première grâce du style",
alors tu la possèdes bien. La contractilité est une vertu
tout comme la modestie.
Ce n’est pas l’acquisition de tout ce
qui peut embellir,
ni la qualité fortuite qui arrive
comme un corollaire de quelque chose de bien dit,
dont nous apprécions le style,
mais le principe qui y est caché :
dans l’absence de pied, "une méthode de conclusion" ;
"une connaissance des principes",
dans le phénomène curieux de ta corne occipitale.
Marianne Moore, Licornes et sabliers, édition et traduction
(anglais États-Unis) Thierry Gillybœuf, éditions Corti, 2026, p. 99.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marianne moore, licornes et sabliers, escargot |
Facebook |
07/10/2026
Marianne Moore, Licornes et sabliers

À un oiseau de grande valeur
Tu me conviens bien, car tu peux me faire rire,
la paille ne t’aveugle pas
que le vent fait tournoyer en soufflant dans la meule.
Tu sais penser et ce que tu penses tu le dis
avec la fierté et la froide irrévocabilité
de Samson, et nul n’ose t’ordonner de te taire.
L’orgueil te va bien, oiseau fier et imposant.
Aucune basse-cour ne te donne l’air absurde ;
tes serres d’airain demeurent fermes face à la défaite.
Marianne Moore, Licornes et sabliers, édition et traduction
(anglais États-Unis) Thierry Gillybœuf, éditions Corti, 2026, p. 39.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marianne moore, licornes et sabliers, oiseau |
Facebook |
06/10/2026
Emily Brontë, Cahier de poèmes

À A.G.A.
De qui pinçait ta corde étrangère
Il semble que ce cœur n’ait plus souci
Alors d’où vient l’émoi que tu fais naître
Vieille guitare, en mon âme triste ?
C’est comme si une chaude lumière
Au fond d’un val s’attachait à loisir
Quand dans leurs nues l’orage et la nuit
Auraient voilé le globe père —
C’est comme si le ruisseau en son miroir
Gardait le reflet de ses beaux saules
Bien que sous la hache voici longtemps
Leurs cheveux lustrés aient mordu la poussière ;
De même, ô guitare, tes sons magiques
Ont tiré des larmes, éveillé des soupirs,
Ont fait resurgir le torrent ancien
Dont pourtant la source même est tarie !
Emily Brontë, Cahier de poèmes, traduction
Claire Malroux, éditions Corti, 2026 (1995), p. 103.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cahier de poèmes, musique, emily brontë |
Facebook |
05/10/2026
Armand Robin, Ma vie sans moi : recension

Armand Robin, enfin lui-même
L’indispensable collection Poésie/Gallimard offre souvent aux lecteurs d’heureuses surprises. On pense à la publication récente de l’œuvre de l’iranienne Forough Farrokhzâd (1934-1967) et de la belle anthologie (poèmes traduits du russe et de l’anglais) de Joseph Brodsky (1940-1996). En même temps, a paru Ma vie sans moi dans la forme qu’Armand Robin (1912-1961) lui avait donnée lors de la première édition, en 1940, dans la collection "Métamorphoses" de Jean Paulhan. L’édition préparée par Françoise Morvan remet à sa place un écrivain trop méconnu. Arrêté à Paris en mars 1961, il meurt quelques jours plus tard à l’infirmerie du dépôt ; son ami Claude Roland-Manuel, Georges et Gilberte Lambrichs sauvent à son domicile trois valises de manuscrits, déposés aux archives des éditions Gallimard ; deux ans après sa mort, est fondée une Société des amis d’Armand Robin dont la présidence est prise par un certain Alain Bourdon qui récupère ces manuscrits. La suite ? On lira dans la passionnante introduction, titrée "De vie en vie", comment une œuvre peut être transformée, dénaturée par des découpages, collages, parties mises à l’écart ; grâce à Robert Gallimard (à qui est dédiée cette édition) et Georges Lambrichs le peu qui restait des manuscrits a été récupéré — trois dossiers sur trois valises. Ensuite, Françoise Morvan* a rétabli Ma vie sans moi comme l’avait publié son auteur — 16 poèmes personnels suivis de 13 traductions — et, après un très long travail de lecture, sous le titre Fragments présent dans les manuscrits, elle a donné un cadre à un vaste ensemble de textes restés inédits.
Ces inédits avaient été pillés par Bourdon qui en avait fabriqué un Le monde d’une voix, monument d’incompréhension de l’œuvre d’un écrivain qui a sans cesse voulu que sa poésie fasse entendre toutes les voix du monde — « toutes les autres vies sont dans ma vie », écrivait-il. Incompréhension encore avec une édition tronquée de Ma vie sans moi sans les traductions et avec une préface d’Henri Thomas, cette fois bien mal inspiré, qui introduit Armand Robin dans cette étrange catégorie des "poètes maudits".
La traduction était pour Armand Robin une création au même titre que l’écriture d’un poème :
Traduire un poème c’est conclure une alliance avec un premier traître : confronté au réel du bon sens, tout beau poème est un contresens orienté par l’harmonie ; rien ne doit, rien ne peut dispenser le poète traducteur de l’impérieux devoir de créer dans une autre langue un contresens équivalent.
Ce qui signifie que créer n’est pas seulement sortir de soi un texte et son premier livre mêle ses écrits à ceux de divers poètes (Essénine, Maïakovski, Jean-Pierre Calloc’h, Rilke, Julian Tuwim, Edgar Poe, Tchekhov) ; une « Vie d’Essénine chantée par un paysan russe de la région de Riazan » (le poète est né dans une famille paysanne de la région de Riazan) ouvre l’ensemble mais cette "vie", suivie de six traductions d’Essénine, a été écrite par Armand Robin. Notons que dans sa traduction du "Corbeau" de Poe, quand Baudelaire et Mallarmé choisissaient pour terminer chaque strophe « rien de plus » et « jamais plus », Armand Robin répète « mort », précédé de « ma, ta » ou « de », illustration de cette volonté d’introduire dans ses traductions un « contresens équivalent ».
Traduire, soit vivre dans une autre langue, c’est être ailleurs, quitter l’espace dans lequel on vit, c’est aussi s’éloigner du temps de ses contemporains, ce que cherche sans cesse Armand Robin, « Ne pas être de mon temps, ne pas être de ma vie ». Cette absence à lui-même, il la trouve dans sa pratique des langues, qu’il traduit, en particulier peut-être dans le chinois, différent de toute autre langue, et il écrit plusieurs textes à propos de la Chine et du chinois dans Fragments ; par exemple, « Je voulus trouver [dans le chinois] de quoi ne jamais revenir à moi, un immense plateau désolé où marcher durement, m’exilant de moi, toutes les directions m’appelant et me décourageant. »
On citerait maint passage des Fragments et des poèmes où Armand Robin cherche à disparaître en tant « qu’Armand Robin », la nécessité non pas de l’inexistence mais le désir d’être toutes les vies à la fois,
Je ne suis pas breton, français, letton, chinois anglais
Je suis à la fois tout cela,
Je suis homme universel et général du monde entier,
Entre mes dents je prends le monde entier
De là vient par exemple son intérêt pour Claudel qui, selon lui, a franchi dans son œuvre et sa vie tout ce qui limite l’esprit. Cette saisie du monde s’opère par la connaissance des langues et, paradoxalement, dans la solitude : elles ne sont pas pour parler à ceux qui les pratiquent mais, comme Maïakovski qu’il traduit : « Je saurai m’enfermer sans le temps sans l’espace, / Avec la solitude bavarde du papier ».
Le refus d’être singulier et remarqué dans les cercles littéraires n’est pas exclusion de ceux qui peuvent le lire ; vouloir être « le monde entier » implique pour Armand Robin de rétablir à leur place ceux qui dans la société n’en ont pas, ni de nom, donc « Le monde entier / Pourvu que devant les pauvres / s’inclinent les riches ». Ma vie sans moi s’ouvre par une défense d’une poésie qui ne soit pas une « poésie pour poètes », « J’aime à rêver d’une poésie qui serait une grande chose simple ; il ne peut sans doute être bon que la beauté ait honte d’être humaine ». Pour lui, seuls les poètes sont responsables de la désaffection du public pour la poésie — rappelons que le livre est publié en 1940. Il n’est pas certain que la plupart de ses poèmes en vers libres, même quand ils ont pour motif l’enfance, le pays du père ou Jésus, aient été (soient aujourd’hui) lisibles par le public souhaité. D’autres poèmes qui se veulent proches d’une tradition orale répondraient peut-être à ce souhait, comme, par exemple, "La fiancée du sabotier" et son refrain au second vers des quatrains, « Viens que je t’aime, douce aimée », ou de "Air de ronde pour Bretons", à chanter avec refrain « Tra la la ! quelle misère ! / Tra la la ! dansons gaiement ! ».
On apprécie la complexité de la démarche d’Armand Robin qui se nourrissait de la poésie la plus subtile, la moins faite pour être entendue par tous et qui écrit aussi « Ma parole me vient des joncs remués ». Ce sont les deux aspects que restitue cette édition dont les commentaires, jamais envahissants, redonnent sa place à un poète mal compris qui n’a pu, ou voulu, ordonner ses "fragments". Françoise Morvan, outre une présentation développée, ajoute en fin de volume une biographie et une bibliographie qui montre l’étendue de l’œuvre.
* Françoise Morvan a soutenu une thèse (1989) sur l’œuvre d’Armand Robin et a notamment publié Armand Robin ou le mythe du Poète (Garnier, 2022).
Armand Robin, Ma vie dans moi, suivi de « Fragments », édition de Françoise Morvan, Poésie /Gallimard, 2026, 416 p., 11€ 40. Cette recension a été publiée dans Sitaudis, le 28 août 2026.
Publié dans RECENSIONS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : armand robin, ma vie dans moi : recension |
Facebook |
04/10/2026
Emily Brontë, Cahier de Poèmes

Pour toi le désespoir n’a pas lieu d’être
Tant que la nuit les étoiles brûlent -
Tant que le soir répand sa rosée muette
Ou que le soleil dore le matin –
Le désespoir n’a pas lieu d’être - les larmes
Dussent-elles couler comme un fleuve –
Tes années les plus chères ne sont-elles pas
Pour toujours autour de ton cœur ?
On pleure – tu pleures – C’est la règle –
Les vents soupirent avec tes soupirs
Et l’hiver épanche son chagrin en neige
Où les feuilles d’automne gisent
Pourtant elles revivent – et de leur destin
Ton destin est inséparable
Alors, homme, avance sinon jubilant
Du moins jamais le cœur brisé –
Emily Brontë, Cahiers de poèmes, traduction
Claire Malroux, éditions Corti, 2026 (1995), p.50.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emily brontë, cahier de poèmes, désespoir |
Facebook |
03/10/2026
Emily Brontë, Cahiers de poèmes

Ô rêve, où es-tu à présent ?
De longues années ont passé
Depuis que sur ton visage d’ange
J’ai vu la lumière s’altérer -
Hélas, hélas pour moi,
Si radieuse était ta beauté,
Je ne savais pas que ton souvenir
Ne me livrerait que tourment !
Le rayon de soleil et l’orage,
La soirée d’été divine,
La nuit silencieuse au calme solennel
La clarté pure de la pleine lune
Jadis entrelacés à toi
Le sont aujourd’hui au lourd chagrin -
Vision perdue il me suffit -
Tu ne peux plus resplendir –
Emily Brontë, Cahier de poèmes, bilingue,
traduction Claire Malroux, éditions Corti,
2026 (1995), p. 45.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emily brontë, cahier de poèmes, tourmenté |
Facebook |
02/10/2026
Emily Brontë, Cahier de poèmes

15
L’amour est comme l’églantier,
L’amitié comme le houx
Le houx est sombre quand l’églantier fleurit,
Mais lequel fleurit le plus constamment ?
L’églantier au printemps a du charme,
L’été ses fleurs embaument l’air
Mais attends que revienne l’hiver
Qui trouvera beau l’églantier ?
Lors dédaigne sa futile guirlande
Et pare-toi du luisant du houx
Ainsi, quand décembre flétrira ton front
Au moins il laissera verte ta couronne –
Emily Brontë, Cahier de poèmes, édition bilingue,
traduction Claire Malroux, éditions Corti,
2026 (1995), p. 49.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emily brontë, cahier de poèmes, églantier, houx |
Facebook |
01/10/2026
Henri Michaux, Épreuves, exorcismes

Alphabet
Tandis que j’étais dans le froid des approches de la mort, je regardai pour la dernière fois les êtres, profondément.
Au contact mortel de ce regard de glace, tout ce qui n’était pas essentiel disparut.
Cependant je les fouaillais, voulant retenir d’eux quelque chose que même la Mort ne pût desserrer.
Ils s’amenuisèrent et se trouvèrent enfin réduits à une sorte d’alphabet, mais à un alphabet qui eût pu servir dans l’autre monde, dans n’importe quel monde.
Par là, je me soulageai de la peur qu’on m’arrachât tout entier l’univers où j’avais vécu.
Raffermi par cette prise, je le contemplai invaincu quand le sang avec la satisfaction, revenant dans mes artères et mes veines, lentement je regrimpai le versant ouvert de la vie.
Henri Michaux, Épreuves, exorcismes, dans Œuvres complètes, I, édition R. Bellour et Y. Tran, Pléiade/Gallimard, 1998, p. 781-782.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES, Michaux Henri | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : henri maichaux, épreuves, exorcismes |
Facebook |
30/09/2026
Henri Michaux, Mes Propriétés

Persécution
Autrefois mes ennemis avaient encore quelque épaisseur ; mais maintenant ils deviennent filants. Je suis touché au coude (toute la journée je suis bousculé). C’est eux. Mais ils s’éclipsent aussitôt.
Depuis trois mois, je subis une défaite continue : ennemis sans visage ; de la racine, de la véritable racine d’ennemis.
Après tout, ils dominèrent déjà toute mon enfance. Mais… je m’étais imaginé que maintenant je serais plus tranquille.
Henri Michaux, Mes propriétés, dans Œuvres complètes, I, édition R. Bellour et Y. Tran, Pléiade/Gallimard, 1998, p. 472.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES, Michaux Henri | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : henri michaux, mes propriétés, persécution |
Facebook |
29/09/2026
Henri Michaux, En marge de Qui je fus

- Les escargots qui ont perdu leurs cornes deviennent tout à fait bêtes.
- Les arbres morts ne cessent pas de se tenir comme il faut.
- Un poirier qui porte des pommes est un autre arbre.
- Les poissons qui sautent s’ennuient.
- Les poules ne pondent pas d’œuf. Personne ne pond. Il n’y a pas moyen. Elles les déterrent.
- Les guêpes viennent juger comment chez nous on fait de la confiture.
- Les léopards myopes ne font plus que de petits bonds.
Henri Michaux, En marge de « Qui je fus », dans Œuvres complètes, I,
édition R.Bellour et Y. Tran, Pléiade/Gallimard, 1998, P. 131 et 132.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES, Michaux Henri | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : henri michaux, en marge de qui je fus |
Facebook |
28/09/2026
Ciels, ciels et eaux (2)




| Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook |
27/09/2026
Ciels, ciels et eaux




| Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook |
26/09/2026
Henti Michaux, Épreuves exorcismes

Les craquements
À l'expiration de mon enfance, je m'enlisai dans un marais. Des aboiements éclataient partout. « Tu ne les entendrais pas si bien si tu n'étais toi-même prêt à aboyer. Aboie donc. » Mais je ne pus.
Des années passèrent, après lesquelles j'aboutis à une terre plus ferme. Des craquements s'y firent entendre, partout des craquements, et j'eusse voulu craquer moi aussi, mais ce n'est pas le bruit de la chair.
Je ne puis quand même pas sangloter, pensais-je, moi qui suis devenu presque un homme.
Ces craquements durèrent vingt ans et de tout partait craquement. Les aboiements aussi s'entendaient de plus en plus furieux. Alors je me mis à rire, car je n'avais plus d'espoir et tous les aboiements étaient dans mon rire et aussi beaucoup de craquements. Ainsi, quoique désespéré, j'étais également satisfait.
Mais les aboiements ne cessaient, ni non plus les craquements et il ne fallait pas que mon rire s'interrompît, quoiqu'il fît mal souvent, à cause qu'il fallait y mettre trop de choses pour qu'il satisfît vraiment.
Ainsi, les années s'écoulaient en ce siècle mauvais. Elles s'écoulent encore...
Henri Michaux, Épreuves exorcismes, dans Œuvres complètes I, édition établie par Raymond Bellour, avec Ysé tran, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1998, p. 781-782.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES, Michaux Henri | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : henri michaux, épreuves exorcismes |
Facebook |
25/09/2026
Élisée Reclus, Francs voyageurs et Bohémiens
é

Francs voyageurs et bohémiens
[…] De nos jours, on ne peut que difficilement se rendre compte de la part que prirent les tribus marchandes dans l’histoire de l’humanité car les colporteurs et industriels errants ont singulièrement décru en importance comme porteurs de nouvelles depuis que les courriers, les estafettes, la poste, les télégraphes et les téléphones les ont remplacés ; ils ne représentent plus que la survivance méprisée ou même haïe d’une classe jadis vénérée ; mais autrefois ils eurent dans le développement de l’humanité une influence capitale, car c’est grâce à eux que les hommes apprirent leur origine commune. Il fut un temps où ces passants, allant de peuple en peuple à travers la terre, représentaient par leurs allées et venues la circulation sanguine et nerveuse dans l’immense corps social. […]
Élisée Reclus, dans Des Pays habitables, présentation de Myriam Peinist, mars 2026, n° 13, p. 22.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élisée reclus, francs voyageurs et bohémiens |
Facebook |
24/09/2026
Dominique Sampiero, Du ciel à mes épaules

Pommier de l’étreinte
[…]
Les jours d’étreinte
je me traverse de part en part
et la panique sous mon regard
s’embrase
Je recule dans mon écorce
Un long poème
bribes de tout ce qui meurt
pousse l’intérieur à chuter
dans l’ombre en pièces
Le fleuve qui me blesse
ricoche
tout entier dans ma main
noyant l’actif des labours
Nulle part me désaltère
Dominique Sampiero, Du ciel à mes épaules,
Poésie/Gallimard, 2926, p. 157.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dominique sampiero, du ciel à mes épaules, étreinte |
Facebook |

