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27/05/2017

Max Ernst, Écritures

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La Laïcité

 

Ne pas confondre

le baiser de la fée

avec

la fessée de l’abbé.

 

Soliloque

 

Pour apprendre à lire et à écrire

Ignorer la poule aux œufs durs

Pour apprendre à boire et à manger

Inaugurer la pêche au soleil levant.

 

Max Ernst, Écritures, Gallimard,

1970, p. 374-375.

26/05/2017

Louis-René des Forêts, Ostinato

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Souffrance, détresse, fureur dont il se délivre par le rire, et c’est ainsi qu’on le tient pour un garçon joyeux.

 

Un mot de trop met tout en péril.

 

Deux décennies pèsent moins que le trait fulgurant venu en une seconde frapper, déraciner, trancher au plus vif, mettre en pièces.

 

Louis-René des Forêts, Ostinato, Mercure de France, 1997, p. 27, 93, 147.

22/05/2017

Oiseaux dans le jardin

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oiseaux dans le jardin

10/05/2017

Paysages (Périgord)

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20/04/2017

Au bord de l'eau : Brantôme (Périgord)

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06/04/2017

Art roman en Périgord

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24/02/2017

Edward Lear, Nonsense

 

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                                                                     Un Alphabet

 

L’Âne Affreusement Anorexique vivait dans un tonneau, ayant pour tout régime Limonade et Cornichons.

 

La Bienveillante Blatte portait toujours, par beau temps, un Parapluie Vert qu’elle oubliait, par gros temps, au fond d’un placard.

 

Le Charolais au Confortable Canapé aimait à paresser devant la Cheminée où il faisait griller quelques tranches de pain.

 

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Edward Lear, Nonsense, traduction Patrick Hersant, Petite bibliothèque Ombres, 1997, p. 102, 103, 104, 122.

21/02/2017

Paysages d'hiver, reflets au bord de l'eau

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06/01/2017

Nathalie Quintane, Remarques

 

                                 

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                                (…)

— Décider que lever un filet de colin est une activité supérieure, au même titre qu’expliquer À la nue accablante, est une tactique. On fait entrer un maximum d’activités classées autrefois dans l’inférieur dans le supérieur. D’où que l’inférieur devient particulièrement inférieur — de n’avoir même pas pu rentrer dans le supérieur, comme tant d’autres.

 

— Faire la caisse dans un supermarché, par exemple.

 

— Je ne me rappelle plus pourquoi tenir une caisse dans un supermarché est tellement pourri.

 

— Si tu ne travailles pas à l’école, tu finiras caissière dans un supermarché.

 

— Pourtant tout le monde aime bien l’argent et les supermarchés et on joue à la caissière ou au caissier quand on est petit. Bonjour madame, alors, qu’est-ce que vous voulez ? des poireaux ? des ananas ? Bon, je prendrai des ananas. D’accord, ça fait trois cent trente-cinq euros. Voilà. Merci, madame. Merci monsieur. Au revoir. Au revoir.

 

— C’est fatigant, c’est mal payé, et c’est un métier féminin.

 

Nathalie Quintane, Remarques, dans Nathalie Quintane, sous la direction de Benoît Auclerc, Garnier, 2015, p. 106-107.

 

 

03/01/2017

Images d'hiver (Périgord)

 

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19/12/2016

ART ROMAN EN PÉRIGORD

art roman en périgord, modillon, chapiteau

art roman en périgord, modillon, chapiteau

art roman en périgord, modillon, chapiteau

art roman en périgord, modillon, chapiteau

13/12/2016

Tim Burton, La triste fin de l'enfant huître. L'étang l'hiver

                          tim burton,la triste fin de l'enfant huître. l'étang l'hiver (décembre 2016

 

               Justine

 

Par peur de poursuites en justice

   appelons la juste Justine

(ou bien « la droguée qui était folle

   de colle).

 

Pourquoi je connais

   son vice effréné ?

Eh bien quand elle mouche son nez

   Sur sa face reste collé le kleenex

 

Tim Burton, La triste fin du petit enfant huître,

traduction René Belleto, 10/18, 1998, p. 107 et 109.

 

L'étang l'hiver

 

 

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24/11/2016

Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe

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Cimetière de Saint-Christophe

 

                                                     Venise, septembre 1813

 

   À l’orée du cimetière, vers le Levant, on voit les sépultures des Grecs schismatiques et celles des protestants ; elles sont séparées entre elles par un mur, et séparées encore des inhumations catholiques par un autre mur : tristes dissentiments dont la mémoire se perpétue dans l’asile où finissent toutes querelles. Attenant au cimetière grec est un autre retranchement qui protège un trou où l’on jette aux limbes les enfants morts-nés. Heureuses créatures ! vous avez passé de la nuit des entrailles maternelles à l’éternelle nuit, sans avoir traversé la lumière ! Auprès de ce trou gisent des ossements bêchés dans le sol comme des racines, à mesure que l’on défriche des tombes nouvelles : les uns, les plus anciens, sont blancs et secs ; les autres, récemment déterrés, sont jaunes et humides. Des lézards courent parmi ces débris, se glissent entre les dents, à travers les yeux et les narines, sortent par la bouche et les oreilles des têtes, leurs demeures ou leurs nids.

 

François-René de Chateaubriand, Mémoires d’Outre-Tombe, Quarto Gallimard, Tome 2, 1997, p. 2778-2779.

 

31/10/2016

Paysages d'automne, photos Chantal Tanet

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08/10/2016

Thomas de Quincey, Les derniers jours d'Emmanuel Kant

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Je tiens pour acquis que toutes les personnes instruites admettront qu’elles portent un certain intérêt à l’histoire personnelle d’Emmanuel Kant, même si leurs goûts ou les circonstances ne leur ont guère donné l’occasion de connaître l’histoire des idées philosophiques de Kant. Un grand homme, fût-ce dans un domaine impopulaire, doit toujours susciter une large curiosité. Imaginer qu’un lecteur considère Kant avec une indifférence absolue ; c’est l’imaginer absolument dépourvu de penchants intellectuels ; donc, même si en réalité il se trouvait qu’il ne portât aucun intérêt à Kant, la courtoisie exigerait pourtant qu’on affectât de présumer le contraire. En vertu de ce principe je ne présente pas d’excuses à un quelconque lecteur, philosophe ou non, Goth ou Vandale, Hun ou Sarrazin, auquel j’impose une brève esquisse de la vie et des habitudes familières de Kant, fondée sur le témoignage de ses amis et de ses élèves. Il vrai que, sans que le public manque d’ouverture d’esprit, les œuvres de Kant ne bénéficient pas dans notre pays de tout l’intérêt suscité par son nom ; phénomène que l’on peut attribuer à trois causes : d’abord, la langue dans laquelle ses œuvres sont écrites ; deuxièmement la prétendue obscurité de la philosophie qu’elles exposent, obscurité soit intrinsèque, soit due à la manière particulière dont use Kant pour la formuler ; troisièmement, l’impopularité de toute philosophie spéculative, quelle qu’elle soit, et de quelque manière qu’elle soit traitée, dans un pays où les structures et les tendances de la société imposent à toutes les activités de la nation une orientation presque exclusivement pratique.

 

Thomas de Quincey, Les derniers jours d’Emmanuel Kant, traduction Sylvère Monod, dans Th de Q, Œuvres, Pléiade / Gallimard, 2011, p. 1339-1341.