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01/08/2017

Basho, Seigneur ermite, L'intégrale des haïkus

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Quel idiot de penser

que l’autre monde serait

tel un soir d’automne !

 

Battant les vagues

le bruit d’une rame glace mes entrailles —

Pleurs dans la nuit

 

L’âme d’un saule pleureur

devient-elle celle d’un rossignol

dans son sommeil ?

 

Poètes émus par les cris des singes,

entendez-vous l’enfant abandonné

dans le vent d’automne ?

 

 

Basho, Seigneur ermite, L’intégrale des haïkus, édition bilingue par Makoto Kemmoku et Dominique Chipot, La Table ronde, 2012, p. 80, 81, 94, 99

15/08/2015

Murasaki-Shikibu, Poèmes

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   D’un homme qui, las d’avoir frappé  ma porte, s’en était retourné, le lendemain, au matin :

Fût-ce sur les bords

de la mer occidentale

balayée des vents

a-t-on jamais vu la grève

aux vagues inaccessibles ?

 

   En réponse à ces reproches :

Retournée chez elle

peut-être comprendra-t-elle

qu’elle s’est lancée

à l’assaut d’un rude écueil

la frivole vaguelette

 

   Au retour de l’an, comme l’on me demandait si ma porte était désormais ouverte :

De qui rossignol

a-t-il donc en ce printemps

hanté la demeure

pour ainsi se présenter

au logis voilé de brume

 

Murasaki-Shikibu, Poèmes, traduction du japonais par René Sieffert, P. O. F, 1986, p. 47.

 

 

20/03/2015

René Char, La pluie giboyeuse

René Char, La pluie giboyeuse, dessin, fleur, mort, temps, rossignol, nuit

 

Floraison successive

 

La chaude écriture du lierre

Séparant le cours des chemins

Observait ue marge claire

Où l’ivraie jetait ses dessins.

 

Nous précédions, bonne poussière,

D’un pied neuf ou d’un pas chagrin.

 

L’heure venue pour la fleur de s’épandre

La juste ligne s’est brisée.

L’ombre, du mur, ne sut descendre ;

Ne donnant pas la main, dut prendre ;

Dépouillée, la terre plia.

 

La mort où s’engouffre le Temps

Et la vie forte des murailles,

Seul le rossignol les entend

Sur les lignes d’un chant qui due

Toute la nuit si je prends garde.

 

René Char, La pluie giboyeuse, Gallimard,

1968, p. 17.