10/05/2026
Pierre Vinclair, Bird song : recension

La fabrique du poème
Le livre ne s’ouvre pas autour des oiseaux mais à propos de deux expositions à Lausanne ; la première, sur le surréalisme, est commentée et, pour les photographies de Cindy Sherman de la seconde, Pierre Vinclair recopie les notes qu’il a prises en la visitant. On retrouvera ces deux pratiques, commentaire et prise de notes, qui réduit le décalage entre ce qui est vécu et l’écrit et convient parfaitement au projet général. À l’origine du livre, une invitation à intervenir vingt minutes à un festival consacré aux oiseaux ; Pierre Vinclair projette de lire vingt poèmes d’une minute chacun, d’abord à partir d’un livre de photographies, Colonies d’oiseaux du Coréen Byung-Hun Min, où les oiseaux apparaissent comme des signes, des griffures. Des poèmes seront aussi écrits à partir du vécu et non des images, également de la musique. Chaque temps de l’écriture comme chaque observation des oiseaux qui aboutit à un poème, est aussi un temps de réflexion sur ce qui est en train de se faire ou vivre. Les poèmes sont présents à chaque étape de leur construction et réunis avant la postface.
Comme la plupart de ses lecteurs, Pierre Vinclair n’a pas les connaissances d’un ornithologue, il ne fait surtout que regarder et écouter les oiseaux (beaucoup ne font que les entendre) ; même s’il a un peu lu des ouvrages spécialisés et des poètes ornithologues, il ne peut donner le nom que d’un petit nombre d’oiseaux et son projet n’est en rien didactique. Il se propose d’écrire ce qu’il désigne par des poèmes « démocratiques », lisibles sans bagage savant —"démocratique" opposé ici à "aristocratique", appliqué à un essai où le lecteur en sait nettement moins que l’auteur —. Il ne cherche pas comme l’ornithophile à comprendre « ce qui compte » pour les oiseaux mais, en faisant « affleurer [son] ignorance », il tente de « comprendre en parlant des oiseaux (…) ce qui compte pour [lui] », sans savoir d’ailleurs exactement ce qu’est l’objet du poème, et c’est peut-être cela qui compte :
je flotte au milieu d’eux
état d’ignorance sans tragique
tranquille, sous le soleil
Les photographies de Min ne sont pas le seul support des poèmes et la seule contrainte à respecter est la durée de la lecture. Sur ce point, la position de Pierre Vinclair ne varie pas d’un livre à l’autre, « On peut se donner toutes les contraintes et tous les dispositifs, écrire reste une aventure de la pensée. »
Quand il s’agit des poèmes, la frontière entre le vécu — ce qui est regardé, entendu, éprouvé — et l’écriture est quasiment inexistante. L’exemple le plus net a justement un rapport avec les oiseaux : l’installation d’un oiseau sur une poutre dans l’entrée du logement de la famille est observée : l’échec dans la construction d’un nid, les matériaux mis en œuvre tombés au sol d’abord non reconnus comme tels, le départ de l’oiseau effrayé, l’intervention de l’épouse et des filles en faveur de l’oiseau, son retour, la pose d’un nichoir artificiel. L’ensemble est raconté, commenté et quelques éléments du récit trouvent leur place dans un poème. La tentative de les intégrer dans le livre de Min (« faire entrer l’hirondelle / dans la photographie / de Min ») ne convient pas, l’oiseau n’est pas une image, d’où :
(…) comment plutôt la retenir
de ce côté, de son côté, vivante,
farouche, inaperçue
lançant trilles joyeuses, indéchiffrables,
allant à la vitesse de ses trissements
et revenant au chaud dans un nichoir
de signes patiemment
grapillés, assemblés et tressés
dans une forme ronde ?
Un peu plus tard, pendant une absence de la famille, le passereau s’est installé dans le nichoir, ce qui entraîne des commentaires : les oiseaux de la couvée porteront « avec leur histoire non seulement celle de leur classe, mais celle de l’extinction de la classe — et aussi un livre de photographies, puis quelques centaines de vers et le travail préparatoire à leur composition. » C’est un des aspects passionnants de Birdsong, la possibilité de reprendre, au moins partiellement, les matériaux très variés support de l’écriture.
Les poèmes sont écrits avec tout ce que Pierre Vinclair a lu, écouté, regardé et le livre en garde et même en note les traces. Sa mémoire lui fait reconnaître une relation à un sonnet de Mallarmé et il choisit d’emprunter à Poe le "Nevermore" du Corbeau ; il commente et rejette la position de Ponge dans deux poèmes sur les oiseaux, où « l’oiseau apparaît comme une sorte de pur objet » ; il cite les ornithologues poètes (Fabienne Raphoz, Jacques Demarcq, Dominique Meens) ou non (Marielle Macé, Vinciane Despret notamment) ; il se souvient de passages de Kafka ou de Kenzaburo Ôé liés à ce qu’il écrit à un moment précis ; préoccupé par ce qu’est l’improvisation en poésie, il réécoute Charlie "Bird" Parker et son Ornithology, pour conclure que son jazz « [ressemble] plus à un chant d’oiseau que ne le fait n’importe quel poème ». L’écoute de Coltrane, puis de Keith Jarrett qui improvise sur cinq notes dans Köln Concert, aboutit à écrire en écoutant un solo de Charles Mingus avec pour base des fragments d’un livre précédent (notés en italique) ; en voici le début :
La musique est un jeu
de plates
formes
pop
élève à son écoute la contrebasse est-elle
un sujet de langue pleine de visions enfouies
à saisir clairement qu’il suffirait à un solfège de savoir dire
Un peintre, un sculpteur laissent, parfois, entrer dans leur atelier, on cherche des écrivains qui agissent de même. Pierre Vinclair n’invite évidemment pas le lecteur à être présent au moment de l’écriture, il décrit précisément ce qui se passe avant ce moment. Au lecteur ensuite de construire la relation entre ce qui a été dit du vécu et la forme des poèmes ; « Parce qu’il a une forme, le poème existe. Jamais assez, bien sûr, pour accueillir une hirondelle réelle ; il ne saura se constituer que comme un nichoir symbolique. » Le parti-pris de ne pas séparer l’essai sur la manière de travailler, sur les matériaux des poèmes et leur relation au réel, est trop rare pour ne pas être salué et, après cette brève description, il faut lire l’ensemble des poèmes...
Pierre Vinclair, Birdsong, collection De Natura Rerum, photographies de Byung-Hun Min, postface de Jeongmin Demissy-Lee, Klincksieck, 2026, 148 p., 21 €. Cette recension a été publiée par Sitaudis le 2 avril 2026.
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09/05/2026
James Sacré, America Solitudes

On se souvient mal où c’était, loin des villes
(Même quand on venait d’en dépasser une) :
Tout un déploiement de verts, la prairie,
Ses longues pentes ou ses plats jusqu’au bord mouvant
De l’horizon.
Bâtiments de ranchs qui se rapprochent,
Et leurs bouquets d’arbres. Quans les voilà tout près
D’autres se montrent là-bas très au loin
Entre les grands nuages, à une extrémité de ce qui continue d’être vert.
On a une impression d’être lavé et neuf
Après tant d’autres paysages qui s’imposaient
En formes et sentiments forts et nous mêlaient
À leurs couleurs sèches et comme à des secrets.
Pendant longtemps la prairie redit
Qu’elle est la prairie.
James Sacré America solitudes, André
Dimanche, 2010, p. 55-56.
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08/05/2026
James Sacré, America solitudes

De temps en temps on rencontre un poète
Livres, rencontres et des amis m’ont conduit
Dans les poèmes de ce pays.
Mais j’étais dans trop d’ignorance et l’oreille distraite
(Ou mal réceptive aux bruits d’une autre langue).
J’entends si peu ces poèmes :
Je n’ai jamais écrit
Dans leur langue fermée, je ne sais pas
Si je les aime ou pas.
La rumeur de tout un remuement dedans
Contenue par de beaux noms qui sont déjà du rythme :
Robet Duncan, John Ashbery…
M’y volilà plus maladroit, plus démuni
Que dans un pays sage ou parmi des gens,
Mais plus véritablement remis
Dans la compagnie de ce pays : poèmes qui me tiennent par la main
Qui m’abandonnent :
Je m’essouffle dans ma langue.
James Sacré, America solitudes, André
Dimanche, 2010, p. 43.
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07/05/2026
Bernard Noël, L'oiseau de craie

douleur bonheur
c’est un oiseau de craie
que ton visage
la montagne se déchire
je dis caverne
et l’eau d’autrefois
bat dans les feuilles
sueur d’images
nous avons les dents vertes
*
la vie remue
on creuse des tunnels sous la peau
j’aime la grotte et l’ongle
la lampe renversée
l’espace qui écoute
mais tu marches
tu marches en toi si loin
Bernard Noël, L’oiseau de craie, dans
Les Plumes d’Éros, Œuvres, I, P.O.L,
2010, p. 37 et 38.
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06/05/2026
Bernard Noël, Poèmes pour en bas

I
temps de mystère à fleur de peau
dans le fou rire des aisselles
les yeux font reluire un message
sous un ruisseau de chevelure
la langue lèche la pliure
à petits coups de mots muets
puis pousse la porte des dents
puis roule dans la bouche nue
parmi des jambes de silence
une aile velue se déplie
amour de la touffe et des lèvres
dans la rude ruée d’un râle
partout les poils de la lumière
et le dessus dessous jeté
un bruit de cœur où fond l’oreille
à la vie la vie qui se dresse
dans le creux par elle creusé
Bernard Noël,Poèmes pour en bas, dans
Œuvres, I, Les Larmes d’Éros, 2010, p. 327
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05/05/2026
Bernard Noël, Des formes d'elle

I
vivre dis-tu
c’est la venue
d’un mystère il s’empare.
de nous tu vois cette ombre
sur le corps
tu vois
ce fantôme en dessous
la matière a besoin
de matière
ce besoin
est notre infini
ma langue
touche en toi une serrure
intime
tu fais de moi
un moi par-dessus les morts
par-delà les vivants
Bernard Noël, Des formes d’elle, dans
Les larmes d’Éros, Œuvres, I, P.O.L,
2010, p. 279.
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04/05/2026
Bernard Noël, L'été langue morte

le monde n’est pas fini
et quand le vent se lève
notre visage est différent
l’amour défait l’amour
pour devenir plus que lui-même
qui va mourir
sait que la beauté est inexorable
je regarde ton souffle
tu t’évapores
l’obscur du temps est un ongle
derrière l’œil
il faudrait tenir sa langue
jusqu’au commencement du monde
la lumière est terrible
la mer ressasse
tu cherches un point parmi le jour
le présent est sans but
sans contour
et le sommet des pierres
ne connaît pas leur ombre
ce qui m’arrête
n’est que moi
(…)
Bernard Noël, L’été langue morte, dans
Les Plumes d’Éros, Œuvres I, P.O.L,
2010, p. 87.
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Bernard Noël, L'été langue morte

le monde n’est pas fini
et quand le vent se lève
notre visage est différent
l’amour défait l’amour
pour devenir plus que lui-même
qui va mourir
sait que la beauté est inexorable
je regarde ton souffle
tu t’évapores
l’obscur du temps est un ongle
derrière l’œil
il faudrait tenir sa langue
jusqu’au commencement du monde
la lumière est terrible
la mer ressasse
tu cherches un point parmi le jour
le présent est sans but
sans contour
et le sommet des pierres
ne connaît pas leur ombre
ce qui m’arrête
n’est que moi
(…)
Bernard Noël, L’été langue morte, dans
Les Plumes d’Éros, Œuvres I, P.O.L,
2010, p. 87.
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03/05/2026
Camille Loivier, Je la suis devenue

piétinées ou simplement foulées aux pieds
elles foulent les feuilles tombent
— les orties se redressent
elles piétinent les fruits blets
(pommes poires raisins)
quelques corps de femmes aussi
juste quelques bras oubliés —
des mains mutilées
des cous étranglés
peut-être même ne les voient-elles pas
elles sont dedans
s’emballent
continuent de piétiner
Camille Loivier, Je le suis devenue, éditions
Lanskine, 2026, p.51.
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02/05/2026
Camille Loivier, Je la suis devenue

art pariétal
les femmes de préhistoire ont peint [aussi]
sur les parois des grottes où dormaient
des dizaines d’ours aux fourrures chaudes
paumes douces et [aussi] des hommes
les femmes de préhistoire chassaient [aussi]
leurs mains négatives sur les parois [aussi]
des signatures [peut-être] des présences sûres
elles [aussi] créatrices dès le plus jeune âge
et pas seulement d’enfants tandis que les
hommes [non] mais [peut-être] des artistes [aussi]
Camille Loivier, Je la suis devenue, éditions
Lanskine, 2026, p. 50.
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01/05/2026
Camille Loivier, Je la suis devenue

pendant longtemps
et jusqu’à aujourd’hui peut-être
caméléone
corneille avec brindille dans le bec pour le nid
et dans une forêt-arbre feuille seule et feuille dans l’arbre
pie avec la pie, chien avec le chien
c’est pour éviter cette multiplication
que je recule souvent en moi-même
face aux murs je deviens mure
choquée et boursouflée, écaillée
brune ou grise, peau vivante et
peau rongée
s’appuyer contre
Camille Loivier, Je la suis devenue, éditions
Lanskine, 2026, p.15.
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30/04/2026
James Sacré, Si la simplicité nous a quittés ? : recension

La linogravure était pratiquée assez couramment dans les écoles primaires de type Freinet dans les années 1950 ; elle demande un matériel simple, une technique facile à acquérir et l’impression n’est pas très coûteuse. Le "simplicité" du titre convient bien à ce genre de création, sachant que le mot n’implique pas la facilité si l’on pense aux linogravures de Derain, de Picasso, de Sibyl Andrews — ou de Raphaël Ségura. Couleurs franches et aplats restituent des paysages — arbres, collines, maisons —, que l’on ne regarde plus tant ils sont trop familiers, et il réinvente avec ses linogravures la vue du lecteur. Ce sont aussi pour James Sacré des embrayeurs pour revenir dans le passé et interroger sa pratique de la langue.
James Sacré n’a pas connu la linogravure dans l’enfance mais la gouache pour préparer de petites « cartes de Noël » où la « naïveté mièvre » s’opposait à la simplicité. Le désir d’écrire un poème est d’un autre ordre, « bruit de langue » qui porte quelques moments d’une vie sans pourtant qu’ils soient lisibles, chacun rapportant à son expérience le sens des mots lus :
Les mots simples sont compliqués
Tu les dis, tu sais jamais
Ce que tu dis
Si un mot renvoie à la couleur du toit de la maison de l’enfance, qu’évoquera-t-il pour le lecteur ? Tout ce qui a construit l’imaginaire et, d’une certaine manière, est déposé dans les mots du poème échappe à la compréhension. « Mais faut-il comprendre ? » On dira que cela vaut pour tout poème, que chacun récrit ce qu’il lit, ou voit. Certes et c’est pourquoi il faudrait toujours « Se saisir des formes comme on faisait dans l’enfance » et, à partir d’elle, bâtir son monde ou revisiter ceux qui ont disparu, plus ou moins oubliés, prêts à renaître devant un tableau, un dessin, une linogravure. Qui sont alors « comme de l’enfance retrouvée ».
Il suffit que le nom du lieu soit effacé pour que le paysage représenté appartienne au passé de qui le regarde ou qu’il devienne pour lui seulement un agencement de couleurs, un jeu de formes, alors paysage silencieux difficile à situer dans une région, même si la végétation, l’architecture orientent vers le sud et la Méditerranée. Mais le puits, mais la bergeronnette, dirigent vers un autre puits, celui du hameau de l’enfance vendéenne — « souvenirs d’une eau vive qui s’en va. »
Ce petit livre très soigneusement imprimé avec de fidèles reproductions de linogravures, remue une thématique chère à James Sacré ; l’image d’un paysage, comme peut le faire le paysage lui-même, l’entraîne vers l’enfance, les paysages qui y sont liés, avec les incertitudes de la mémoire, la tendance à réinventer ce qui fut. En sachant toujours que seuls de rares moments sont retrouvés, comme les tourtisseaux (merveilles), pâtisserie très simple que préparait sa mère — simplicité intacte dans le souvenir.
James Sacré, Si la simplicité nous a quittés?, linogravures de Raphaël Segura, Potentille, 2025, 30 p., 12 €
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29/04/2026
Bertrand Degott, Correspondances

Notes d’après Pentecôte
III
Tu mets en brassées l’herbe
que tu n’as pas coupée
tu remues la brouette
avec tes mains gantées
je ne sais si ma place est là
rien qu’à te regarder
dans le jardin
à la chaleur du soleil il
y a tout ça de fragile
de blanc et d’embaumant
comme une branche casse
au seringa
tout va très vite ainsi
dans l’efficace
à craindre les regards
juste un peu plus que les regains
— et d’ailleurs le temps passe
la pie jacasse
et le melon mûrit
sur la terrasse
Bertrand Degott, Correspondances,
éditions Tarabuste, 2026, p. 24-25.
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28/04/2026
Bertrand Degott, Correspondances

Notes d’après Pentecôte
II
Entre la poutre et le torchis
tu fais passer ta main pour éprouver le vide
— mais oui, parfois
lorsque la fenêtre est ouverte
en grand sur la campagne
les hirondelles
entrent pour y nicher —
les martinets ont beau crier
leur douleur sur les toits
tu voudrais concilier
(tel est notre débat)
la périlleuse intranquillité
et ton besoin de ciel
avec la douceur de t’asseoir
à l’ombre en compagnie
d’un noisetier déchiré par l’entaille.
Bertrand Degott, Correspondances,
Tarabuste éditeur, 2026, p. 23.
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27/04/2026
Quelques animaux qui volent



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