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05/08/2017

René Char, Fenêtres dormantes et porte sur le toit

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                            Tous partis !

 

   On ne partage pas ses gouffres avec autrui, seulement ses chaises.

 

   La plupart des hommes sont voués à l’entrain de l’obéissance. Sitôt qu’ils découvrent ou conçoivent au loin une servitude repeinte, leur patron sera celui qui concentrera dans ses mains les ponctuelles besognes dépeçantes. Nous n’avons cessé d’assister à cela. Charme bizarre : sans renoncer à l’espoir.

 

René Char, Fenêtres dormantes et porte sur le toit, Gallimard, 1979, p. 62.

09/11/2016

Alain Lévêque, Chez Véronèse

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Hirondelles

 

Non, elles n’écrivent rien, les hirondelles,

au ras de la Seine et des toits, en avril,

elles ne signent rien, les premières que tu vois,

en si petit nombre, loin des chambres.

 

Elles nous donnent l’air en partage,

la grâce de leur faim, de leur soif. Du voilage

d’hiver elles tirent les fils. Pour nous

elles unissent le haut et le bas, elles bouclent

le temps qu’il reste à passer dans la lumière.

 

Alain Lévêque, Chez Véronèse, le phare du cousseix,

2016, p. 5.