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26/05/2014

Jean-Claude Pirotte (1939-24 mai 2014), Revermont

 

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sans nouvelles d'ailleurs

et n'étant pas d'ici

ma présence m'écœure

et mon absence aussi

 

               *

 

ce n'est pas assez dire

que je suis seul et nu

en vérité c'est le bonheur

 

fredonnant les trilles du diable

de cette vie je peux maudire

seul et nu devant ma table

aux horizons imaginaires

 

et quel instrument que mes nerfs

un violoneux fantôme joue

mes mêmes airs jour après jour

et cela me tue à ravir

 

Jean-Claude Pirotte, Revermont,

Le temps qu'il fait, 2008, p. 65, 82.

13/12/2012

Jean-Claude Pirotte, Cette âme perdue

Jean-Claude Pirotte, Cette âme perdue, la mort, William Cliff, Armand Lubin

la mort s'approche à petits pas

c'est la tortue je suis le lièvre

on voit luire sa carapace

merveilleusement ciselée

 

et ses yeux aux lourdes paupières

simulent une somnolence

de personnage centenaire

dans un refrain de romance

 

gothique ou dans un roman noir

écrit par madame Radcliffe

on garde peut-être en mémoire

une ode de William Cliff

 

on conjure avec les moyens

du bord l'avenir immédiat

on lit deux vers d'Armand Lubin

courir vite ne sert à rien

 

on avance ainsi pas à pas

de borne en borne vers le lieu

où la tortue vous attendra

en ouvrant largement les yeux

 

Jean-Claude Pirotte, Cette âme perdue,

Le Castor Astral, 2911, p. 61.

05/11/2012

Jean-Claude Pirotte, Revermont

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L'air de la rue ce sont les miasmes

respirés par les électeurs l'eau croupie

de leurs ablutions empoisonne les chats

un cadavre de pigeon roule à l'égout

 

j'aurai vu cela de mon vivant dit l'homme

qui s'attarde et pose son sac au pied du mur

il se parle à lui même car il est seul

mais des yeux morts le surveillent

 

ce ne sont pas les yeux des morts pas encore

mais ceux des vivants les complices

qui espèrent voir enchaîner cet homme

par les gardiens des puanteurs légales

 

 

Jean-Claude Pirotte, Revermont, Le temps qu'il fait,

2008, p. 68.

24/11/2011

Pierre Silvain & Jean-Claude Pirotte, Les chiens du vent

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Sous la poussière il retrouve

L'ardoise d'enfance fêlée

Avec les griffures intactes

Proclamant sa détresse d'être

Celui qui toujours demeure

Au seuil du monde déchiffrable

Dans l'attente d'une aveuglante

Révélation ou d'un anéantissement

Rien n'a changé

Tout continue de se refuser

Là derrière

              

 

Lueur tremblante et louche

Au fond de la nuit d'encre

C'est la fenêtre du logis

De l'ogre perdu dans les bois

Vers quoi conduisant la fratrie

Résolu même sans

Les cailloux en poche

Poucet avance

 

Pierre Silvain, Les chiens du vent, encres et pastels de Jean-Claude Pirotte, Cadex éditions, 2002, p. 62, 40.