12/01/2026
Ossip Mandelstam, Cahiers de Voronej

Mon chardonneret, je redresse la tête,
ensemble nous contemplons le monde :
jour d’hiver, piquant comme une bale de blé,
dans ta prunelle est-il aussi raide ?
La queue en barque, le plumage noir jaune,
et sous le bec infuse le rouge —
sais-tu à quel point, toi le chardonneret,
à quel point dandy tu te pavanes ?
Mais quelle espèce d’air vente sous ton crâne :
du rouge et du noir, du blanc, du jaune !
là et là en alerte il ouvre l’œil, l’ouvre !
pas même un seul regard — envolé.
1936
Ossip Mandelstam, Cahiers de Voronej, dans
Œuvres poétiques, traduction Jean-Claude Schneider,
Le Bruit du temps / La Dogana, 2018, p. 485
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES, Mandelstam Ossip | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : osait mandelstam, cahiers de voronej, chardonneret |
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