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18/10/2012

René Char, Fenêtres dormantes et porte sur le toit

 

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                Légèreté de la terre

 

Le repos, la planche de vivre ? Nous tombons. Je vous écris en cours de chute. C'est ainsi que j'éprouve l'état d'être au monde. L'homme se défait aussi sûrement qu'il fut jadis composé. La roue du destin tourne à l'envers et ses dents nous déchiquettent. Nous prendrons feu bientôt du fait de l'accélération de la chute. L'amour, ce frein sublime, est rompu, hors d'usage.

     Rien de cela n'est écrit sur le ciel assigné, ni dans le livre convoité qui se hâte au rythme des battements de notre cœur, puis se brise alors que notre cœur continue à battre.

 

                                         *

 

          Une rose par mégarde.

          Une rose sans personne.

          Une rose pour verdir.

 

                                         *

 

     Nous vivons avec quelques arpents de passé, les gais mensonges du présent et la cascade furieuse de l'avenir. Autant continuer à sauter à la corde, l'enfant-chimère à notre côté.

 

René Char, Fenêtres dormantes et porte sur le toit, Gallimard, 1979, p. 52, 54 et 65.

20/07/2012

Marc Guyon, Volis agonal

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Il y a des roses

sous le givre, et le lilas

bourdonne, le jour s'ouvre

d'une caresse.

 

Luxe, chasteté, l'année

vient : à sa surface

la nue calme,

le roseau ivre.

 

          *

 

Saisir le jour

à sa douleur ;

combien l'automne

est doux, grande

l'envolée des oiseaux.

Sommes dignes

d'une joie ?

 

            *

 

Est-ce l'homme

que je croise, pense-t-il

l'avenir, sans une boucle

tendre, sans regard précieux

un instant ?

Les filles

jadis parfumées ?

 

Le bienfait

nous ne le voyons pas,

mais par le songe

illuminé.

 

Marc Guyon, Volis agonal, Gallimard,

1972, p. 18, 37, 75.