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08/08/2017

Gabrielle Althen, La vie saxifrage

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Chant du vide

 

Le jour range ses ailes. On ne les verra plus. La beauté était venue pourtant, mais si légère qu’on l’avait prise pour une hésitation. Évasives demeurent les longues stries de clarté qui rayent encore ce fond de monde, où quelqu’un pleure par-là qui fait bien de pleurer.

 

Gabrielle Althen, Vie saxifrage, Al Manar, 2012, p. 17.

02/12/2013

Gabrielle Althen, "Réjouissance", "La limite et l'abîme"

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            Réjouissance

 

Prémonition d'oiseau fort

La cascade cherche l'azur

Comme s'il habitait parmi nous

Sous la pluie verte il se trouva

Quelques vieillards preux et vivants

Pour soulever le rideau de ces mots

Tout en riant ces bons savants

Une grosse mouche active

Exhibait sans penser

Le moteur de son vivre

Et le temps continua sans plus en avoir l'air

Amen dit la vie

Sans qu'on sût qui parlait.

 

                           *

 

            La limite et l'abîme

 

Mer transparente mer opaque

On ne sait pas de quel côté seront les pleurs

Peau de reptile ou verre nu

On ne sait de quel côté viendra la peur

De part et d'autre

Les mots sont retombés

Qui jonchent le passé

Et la mer qui demeure ne s'est pas retournée

 

Gabrielle Althen, Poèmes inédits", dans NU(e), n° 53,

 

2013, 234 p., p. 37 et 40.

19/12/2012

Gabrielle Althen, Vie saxifrage

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                      Sur la place

 

Le jour commençait une rose

La rose était transparente et amène

La patience ne serait plus nécessaire

Les routes auraient des jeux ardents

Tu serais défeuillé de tes hésitations

Nu contre la paroi de verre noir de ton vœu

L'orient en est à blanc et la simplicité totale

 

                                 *

 

Mais il y eut des jours de pleurs sans indigence

Des vagues émanaient du profond du mystère

En soutenant le gris de la lumière

Les enfants interdits qui cessaient de jouer

Penchés en rond sur le moment

Oubliaient en riant de poser leurs questions

Et l'on se chérissait dans les anneaux du paysage

 

Gabrielle Althen, Vie saxifrage, Al Manar / Alain

 Gorius, 2012, p. 47 et 31.