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16/05/2024

Georges Perros, Poèmes bleus

                                    georges perros, poèmes bleus, mourir

Ces envies qui me prennent

Et cette panique, cette supplication

Cette peur de mourir

Alors que je n’ai pas encore vécu

Et que dans ces moments

J’ai ma vie sur ma langue

Il me semble que ça va être possible, enfin

Que je vais y aller d’une grande respiration

Que je vais avaler le soleil et la lune

Et la terre et le ciel et la mer

Et tous les hommes mes amis

Et toutes les femmes mes rêves

D’une seul grand coup

De poitrine éclatée

Quitte à en mourrir, oui,

Mais pour de bon

Pas de cette mort ridicule

Déshonorante, ridicule,

Qui accuse la parodie

Qui accuse le défaut

De ce qu’on appelle la vie

Sans trop savoir de quoi nous parlons.

On se renseigne auprès des autres

On leur pose des tas de questions

Avec cette hypocrisie de bonne société

On marque des points en silence

Ils souffrent autant que nous, tant mieux

On se dit même

Qu’on est un peu plus vivant qu’eux

O l’horreur

Et la fragilité

De nos amours.

 

Georges Perros, Poèmes bleus, Gallimard,

1962, p. 129-130.

30/12/2020

Georges Perros, Poèmes bleus

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    Entre nous

Alors quoi de neuf cher ami ?

Ça va ça va ça va merci.

Et le prochain livre il s’annonce

Bien ? Non ? — Maizoui, maizoui, maizoui.

 

J’ai relu par temps clair, le tome

Premier de l’œuvre de cet homme,

Ah son nom dites-moi son nom

Ma mémoire est comme un poisson

 

Elle saute vole et replonge

Allez-y voir. Mais quand j’y songe

Vous écrivez. C’était fort bien

Votre article, oh pas moins que rien.

 

Vous donnez là votre mesure

On s’entend mieux quand on rassure

L’amour-propre de son prochain

À bientôt cher ami machin

 

Mais les noms vraiment je m’y perds

Bast rien ne sert à rien. J’espère

Que nous reverrons bientôt

Botzaris 22-cigalo...

 

La solitude est éphémère

Comme le coq de ce clocher

Elle s’en va s’en vient. Ma mère

Aurait dû me laisser plié

 

Dans son ventre. J’aurais poussé

Jusqu’à ne plus me reconnaître

Elle non plus. C’en est assez

Pour aujourd’hui. À d’main peut-être.

 

Gorges Perros, Poèmes bleus, Le Chemin /

Gallimard, 1962, p. 100-101.

08/02/2019

Georges Perros Poèmes bleus

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Ce n’est pas cela que j’attends

De la vie à l’odeur forte

Couleur de lilas veuve morte

Tu m’indiffères printemps.

 

L’algue marine et les vents

Qui viennent frapper à ma porte

L’amour que le diable l’emporte

Me sont plus émoustillants

 

Homme qu’un désastre habite

Mes vœux de nulle saison

Ne se soucient. Ma prison

 

Ce corps qu’un feu noir excite

Rien n’en peut changer le sort

Sinon toi, mort de ma mort.

 

Georges Perros, Poèmes bleus,

Gallimard, 1962, p. 43.

23/11/2017

Georges Perros, Poèmes bleus, dans Œuvres (Quarto/Gallimard)

                          Georges Perros, Poèmes bleus, dans Œuvres (Quarto/Gallimard), Thierry Gillybœuf

Gaietés lyriques

 

Si vous cherchez bien

Vous verrez

Des visages

L’enfer s’y promène

Si vous cherchez mal

Vous saurez où surnagent

Nos âmes sereines

Le caméléon de l’amour

Y change ses couleurs fauves

La tristesse de vivre ici

Ferme l’œil bête des alcôves

Nous n’irons plus au bois

L’été

Ressemble trop au carnaval

Squelettes vains

Nous n’irons plus ; le mal lointain

S’est à nouveau pris dans nos pièges

La vie est un bouchon de liège

Elle flotte au gré des humeurs

De l’éternel qui passe vite

À travers nos cœurs désertés.

 

Georges Perros, Poèmes bleus, dans Œuvres,

édition Thierry Gillybœuf, Quarto/Gallimard,

2017, p. 587-588.

10/05/2016

Georges Perros, Poèmes bleus

                               georges_perros.jpg

Je te propose ce fugitif compagnonnage

Entre le chien et le loup

De l’aboiement crépusculaire

Je te demande de m’aider

À extraire de nos solitudes jumelles

Un peu de cette magie

Grâce à laquelle se renouvelle le bail

Se rafraîchissent nos tristes idées

Qui sont comme pierres dans un désert sans oasis

Stupidement debout contre le mur du néant

Comme lorsqu’on attend quelqu’un

Qui ne viendra pas

Qui ne viendra plus

Le rendez-vous n’aura pas lieu

Les pierres de Carnac sont comme ces idées

Muettes comme l’éternité

Justes bonnes à attirer ceux qui veulent savoir tout

Par le biais de qui ne sait rien

Ô l’Histoire belle paresse,

Mais vivre en est une autre, histoire,

Rempli d’épines, le chemin,

Et n’ignore-t-on pas encore

L’étrange énigme d’ici-bas ?

 

Georges Perros, Poèmes bleus, Gallimard,

‘’Le Chemin’’, 1962, p. 53-54.

25/07/2015

Georges Perros, Poèmes bleus

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Gaietés lyriques

 

Si vous cherchez bien

Vous verrez

Des visages

L’enfer s’y promène

Si vous cherchez mal

Vous saurez

Où surnagent

Nos âmes sereines

Le caméléon de l’amour

Y change ses couleurs fauves

La tristesse de vivre ici

Ferme l’œil bête des alcôves

Nous n’irons plus au bois

L’été

Ressemble trop au carnaval

Danse d emort

Squelettes vains

Nous n’irons plus ; le mal lointain

S’est à nouveau pris dans nos pièges

La vie est un bouchon de liège

Elle flotte au gré des humeurs

Mais n’entend plus l’humble ruisseau

De l’éternel qui passe vite

À travers nos cœurs désertés.

 

Georges Perros, Poèmes bleus, Gallimard,

1962, p. 95-96.

 

31/07/2014

Georges Perros, Poèmes bleus

 

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Ces envies de vivre qui me prennent

Et cette panique, cette supplication

Cette peur de mourir

Alors que je n’ai pas encore vécu

Et que dans ces moments

J’ai ma vie sur ma langue

Il me semble que ça va être possible, enfin

Que je vais y aller d’une grande respiration

Que je vais avaler le soleil et la lune

Et la terre et le ciel et la mer

Et tous les hommes mes amis

Et toutes les femmes mes rêves

D’un seul grand coup

De poitrine éclatée

Quitte à en mourir, oui,

Mais pour de bon

Pas de cette mort ridicule

Déshonorante, inutile,

Qui accuse la parodie

Qui accuse le défaut

De ce qu’on appelle la vie

Sans trop savoir de quoi nous parlons.

On se renseigne auprès des autres

On leur pose des tas de questions

Avec cette hypocrisie de bonne société

On marque des points en silence

Ils souffrent autant que nous, tant mieux

On se dit même

Qu’on est un peu plus vivants qu’eux

O l’horreur

Et la fragilité

De nos amours.

 

Georges Perros, Poèmes bleus, Gallimard,

Le Chemin, 1962, p. 129-130.

10/03/2012

Georges Perros, Poèmes bleus

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Ces envies de vivre qui me prennent

Et cette panique, cette supplication

Cette peur de mourir

Alors que je n'ai pas encore vécu

Et que dans ces moments

J'ai ma vie sur la langue

Il me semble que ça va être possible, enfin

Que je vais y aller d'une grande respiration

Que je vais avaler le soleil et la lune

Et la terre et le ciel et la mer

Et tous les hommes mes amis

Et toutes les femmes mes rêves

D'un seul grand coup

De poitrine éclatée

Quitte à en mourir, oui,

Mais pour de bon

Pas de cette mort ridicule

Déshonorante, inutile,

Qui accuse la parodie

Qui accuse le défaut

De ce qu'on appelle la vie

Sans trop savoir de quoi nous parlons.

On se renseigne auprès des autres

On leur pose des tas de questions

Avec cette hypocrisie de bonne société

On marque des points en silence

Ils souffrent autant que nous, tant mieux

On se dit même 

Qu'on est un peu plus vivants qu'eux

Ô l'horreur

et la fragilité

De nos amours.


Georges Perros, Poèmes bleus, "Le Chemin",

Gallimard, 1962, p. 131-132.

 

 

07/04/2011

Georges Perros, Poèmes bleus

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Ces envies de vivre qui me prennent

Et cette panique, cette supplication

Cette peur de mourir

Alors que je n’ai pas encore vécu

Et que dans ces moments

J’ai ma vie sur ma langue

Il me semble que ça va être possible, enfin

Que je vais y aller d’une grande respiration

Que je vais avaler le soleil et la lune

Et la terre et le ciel et la mer

Et tous les hommes mes amis

Et toutes les femmes mes rêves

D’un seul grand coup

De poitrine éclatée

Quitte à en mourir, oui,

Mais pour de bon

Pas de cette mort ridicule

Déshonorante, inutile,

Qui accuse la parodie

Qui accuse le défaut

De ce qu’on appelle la vie

Sans trop savoir de quoi nous parlons.

On se renseigne auprès des autres

On leur pose des tas de questions

Avec cette hypocrisie de bonne société

On marque des points en silence

Ils souffrent autant que nous, tant mieux

On se dit même

Qu’on est un peu plus vivants qu’eux

O l’horreur

Et la fragilité

De nos amours.

 

Georges Perros, Poèmes bleus, Gallimard, Le Chemin, 1962, p. 129-130.