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25/09/2017

Louis-René des Forêts, Poèmes de Samuel Wood

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Une ombre peut-être, rien qu’une ombre inventée

Et nommée pour les besoins de la cause

Tout lien rompu avec sa propre figure.

Se faire entendre une voix venue d’ailleurs

Inaccessible au temps et à l’usure

Se révèle non moins illusoire qu’un rêve

Il y a pourtant en elle quelque chose qui dure

Même après que s’en est perdu le sens

Son timbre vibre encore au loin comme un orage

Dont on ne sait s’il se rapproche ou s’en va.

 

Louis-René des Forêts, Poèmes de Samuel Wood,

Fata Morgana, 1988, p. 44.

26/05/2017

Louis-René des Forêts, Ostinato

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Souffrance, détresse, fureur dont il se délivre par le rire, et c’est ainsi qu’on le tient pour un garçon joyeux.

 

Un mot de trop met tout en péril.

 

Deux décennies pèsent moins que le trait fulgurant venu en une seconde frapper, déraciner, trancher au plus vif, mettre en pièces.

 

Louis-René des Forêts, Ostinato, Mercure de France, 1997, p. 27, 93, 147.

29/06/2015

Gerard Manley Hopkins, Carnets-Journal-Lettres

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Les arbres sont connus

 

Par ce qu’ils portent, mais moi —

 

Ma sève est scellée,

 

Et sèche ma racine.

 

 

 

Si je ne puis avoir

 

Une vie intérieure

 

(Sinon pour fauter)

 

Ni produire de fruits

 

Cela doit être que

 

Je n’aime pas.

 

Est-il quelqu’un

 

Pour me prouver

 

Que j’ai mal raisonné ?

 

Car si je me condamne

 

Je ne perds pas confiance

 

S’Il m’éprouvait

 

Et me sondait

 

Ne trouverait-il pas (ce qui pourtant

 

Doit être là

 

Dissimulé derrière).

 

 

 

Gerard Manley Hopkins, Carnets-Journal-Lettres,

                                    traduits et présentés par Hélène Bokanowski

 et Louis-René des Forêts, Bibliothèque, 10/18,

 

 1976, p. 60.