25/02/2026
André Frénaud, Nul ne s'égare

La femme qui pleure, de Picasso (1939)
La femme avait si violemment vu le sang
qu’elle en demeura sans larmes,
et ses yeux se trouvèrent tout à coup dessaisis,
et les seins et le nez et les mains prirent tout
notre difformité calamiteuse
et — si l’on se souvient de ce jour-là —
c’est chacun de nous, qui portions au cœur
l’Espagne du peuple,
dont les yeux interdits se désaccordèrent,
morceaux déviés, agrandis,
devant un monde que l’on ne pourrait désormais
FIXER
André Frénaud, Nul ne s’égare, Poésie/Gallimard, 2006, p. 194.
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