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04/11/2019

Marina Tsvétaïéva, Le ciel brûle

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Les nuits sans celui qu’on aime

Avec celui qu’on n’aime pas , et les grandes étoiles

Au-dessus de la tête en feu et les mains

Qui se tendent vers Celui —

Qui n’est pas — qui ne sera jamais,

Qui ne peut être — et celui qui le doit...

Et l’enfant qui pleure le héros

Et le héros qui pleure l’enfant,

Et les grandes montagnes de pierre

Sur la poitrine de celui qui doit — en bas.

 

Je sais tout ce qui fut, tout ce qui sera,

Je connais ce mystère sourd-muet

Que dans la langue menteuse et noire

Des humains — on appelle la vie.

 

Marina Tsvétaïéva, Le ciel brûle, traduction

Pierre Léon et Ève Malleret, Poésie/Gallimard,

1999, p. 79.

16/10/2013

Marina Tsvétaïéva, Le ciel brûle, suivi de Tentative de jalousie,

Marina Tsvétaïéva, Le ciel brûle, suivi de Tentative  de jalousie, les yeux, miroir

                     Les yeux

 

Deux lueurs rouges — non, des miroirs !

Non, deux ennemis !

Deux cratères séraphins

Deux cercles noirs

 

Carbonisés — fumant dans les miroirs

Glacés, sur les trottoirs,

Dans les salles infinies —

Deux cercles polaires

 

Terrifiants !

Flammes et ténèbres !

Deux trous noirs.

C'est ainsi que les gamins insomniaques

Crient dans les hôpitaux : — Maman !

 

Peur et reproche, soupir et amen...

Le geste grandiose...

Sur les draps pétrifiés —

Deux gloires noires.

 

Alors sachez que les fleuves reviennent,

Que les pierres se souviennent !

Qu'encore encore ils se lèvent

Dans les rayons immenses —

 

Deux soleils, deux cratères,

­ Non, deux diamants !

Les miroirs du gouffre souterrain :

Deux yeux de mort.

 

                                               30 juin 1921

 

Marina Tsvétaïéva, Le ciel brûle, suivi de Tentative

de jalousie, préface de Zéno Bianu, Traductions de

Pierre Léon et d'Éve Malleret, Poésie / Gallimard,

 

1999, p. 86-87.

16/02/2013

Marina Tsvétaïéva, Le Ciel brûle, suivi de Tentative de jalousie

Marina Tsvétaïeva, Le Ciel brûle, suivi de Tentative de jalousie, amour, la vie

Les nuits sans celui qu'on aime — et les nuits

Avec celui qu'on n'aime pas, et les grandes étoiles

Au-dessus de la tête en feu et les mains

Qui se tendent vers Celui —

Qui n'est pas — qui ne sera jamais,

Qui ne peut être — et celui qui le doit...

Et l'enfant qui pleure le héros

Et le héros qui pleure l'enfants,

Et les grandes montagnes de pierre

Sur la poitrine de celui qui doit — en bas...

 

Je sais tout ce qui fut, tout ce qui sera,

Je connais ce mystère sourd-muet

Que dans la langue menteuse et noire

Des humains — on appelle la vie.

 

Marina Tsvétaïéva, Le Ciel brûle, suivi de Tentative de jalousie,

Préface de Zéno Bianu, Traduction de Pierre Léon et

d'Éve Malleret, Poésie / Gallimard, 1999, p. 79.