Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/12/2018

Dylan Thomas, Poèmes, traduction Patrick Reumaux

 

dylan thomas,poèmes,patrick reumaux,temps,crique,enfant

Y eut-il une temps

 

Y eut-il un temps où les danseurs et leurs violons

Dans les cirques d’enfants pouvaient suspendre leurs chagrins ?

Il y eut un temps où ils pouvaient pleurer sur les livres

Mais le temps a lancé son ver sur leurs traces.

Sous l’arc du ciel ils sont en danger.

Ce qui n’est jamais connu reste le plus sûr en cette vie.

Sous le présage du ciel ceux qui n’ont pas de bras

Ont les mains les plus propres ; comme le spectre sans cœur

Est seul indemne, ainsi l’aveugle voit le mieux.

 

Dylan Thomas, Poèmes, traduction Patrick Reumaux,

Dans Œuvres, I, Seuil, 1970, p. 395.

 

 

10/10/2014

Dylan Thomas, Poèmes, traduction Patrick Reumaux

imgres-1.jpg

La lumière point là où le soleil ne brille pas

 

La lumière point là où le soleil ne brille pas.

Là où la mer ne s'étend pas, les eaux du cœur

Épandent leurs marées,

Et, spectres brisés, des vers luisants plein la tête,

Les choses de lumière

Passent à travers la chair là où la chair n'habille pas les os.

 

Une chandelle dans les cuisses

Échauffe la jeunesse et la graine et brûle la graine de la vie.

Là où la graine ne lève pas

Le fruit de l'homme s'ouvre dans les étoiles

Brillant comme une figue.

Là où la cire n'est pas, la chandelle montre ses cheveux.

 

L'aube point derrière les yeux.

Des pôles du crâne et de l'orteil, le sang venteux

Glisse comme une mer.

Ni clôturées, ni jalonnées, les giclées du ciel

Fusent à la verge

Révélant dans un sourire l'huile des larmes.

 

La nuit dans les orbites arrondit

Comme une lune de poix la limite des globes.

Le jour éclaire l'os.

Là où le froid n'est pas, la morsure des vents fait tomber les   épingles

Qui retiennent les robes de l'hiver.

La taie du printemps pend au bord des paupières.

 

La lumière point sur des lots secrets

Sur des crêtes de pensées où les pensées sentent dans la pluie.

Quand meurent toutes les logiques

Le secret de la glèbe pousse à travers l'œil

Et le sang saute dans le soleil.

Au-dessus des lopins incultes l'aube fait halte.

 

Dylan Thomas, Poèmes, traduction Patrick Reumaux, dans

Œuvres, I, édition établie par Monique Nathan et Denis Roche,

Seuil, 1970, p. 368-369.