Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/02/2020

Paul-Jean Toulet, Les Contrerimes

ob_4a6416_3576068676.jpg

LIII

 

Voici que j’ai touché les confins de mon âge,

Tandis que mes désirs sèchent sous le ciel nu,

Le temps passe et m’emporte à l’abyme inconnu,

Comme un grand fleuve noir, où s’engourdit la nage.

 

LXXV

 

Vieillesse, lendemain d’amour, tristes ébats...

Sur les carreaux d’azur rampait la fleur du givre.

Un Arlequin caduc pleure. Est-il las de vivre ?

Va, nous dormirons tous. Mais les lits, c’est plus bas.

 

CIV

 

Étranger, je sens bon. Cueille-moi, sans remords :

Les violettes sont le sourire des morts.

 

Paul-jean Toulet, Les Contrerimes, dans Œuvres complètes,

Bouquins/Robert Laffont, 1986, p. 46, 49, 53.

27/06/2014

Paul-Jean Toulet, Les contrerimes

imgres.jpg

            Contrerimes

 

LXX

 

La vie est plus vaine une image

     Que l'ombre sur le mur

Pourtant l'hiéroglyphe obscur

     Qu'y trace ton passage

 

M'enchante, et ton rire pareil

     Au vif éclat des armes ;

Et jusqu'à ces menteuses larmes

     Qui miraient le soleil.

 

Mourir non plus n'est ombre vaine

     La nuit, quand tu as peur,

N'écoute pas battre ton cœur :

     C'est une étrange peine.

 

Paul-Jean Toulet,  Les contrerimes, dans Œuvres

complètes, édition présentée et annotée par

Bernard Delvaille, "Bouquins", Robert Laffont,

1986, p. 27.

 

08/08/2012

Paul-Jean Toulet, Les Contrerimes

imgres.jpeg

 

             Contrerimes

 

                     XL

 

L'immortelle, et l'œillet de met

          Qui pousse dans le sable,

La pervenche trop périssable

          Ou ce fenouil amer

 

Qui craquait sous la dent des chèvres

          Ne vous en souvient-il,

Ni de la brise au sel subtil

          Qui nous brûlait les lèvres ?

 

                        LXX

 

La vie est plus vaine une image

          Que l'ombre sur le mur,

Pourtant l'hiéroglyphe obscur

          Qu'y trace ton passage

 

M'enchante, et ton rire pareil

          Au vif éclat des armes ;

Et jusqu'à ces menteuses larmes

          Qui miraient le soleil.

 

Mourir non plus n'est ombre vaine.

          La nuit, quand tu as peur,

N'écoute pas battre ton cœur

           C'est une étrange peine.

 

Paul-Jean Toulet, Les Contrerimes, édition de Michel Décaudin,

Poésie / Gallimard, 1979, p. 59, 90.