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12/05/2017

Diogène Laërce, Sentences vaticanes

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                           Sentences vaticanes

 

  1. La nécessité est un mal, mais il n’y a aucune nécessité à vivre avec la nécessité.

 

  1. Nous sommes nés une seule fois, et il n’est pas possible de naître deux fois ; ne plus être dure nécessairement l’éternité ; mais toi, parce que tu n’es pas maître de ton lendemain, tu diffères ta joie ; or la vie est ruinée par l’attente et chacun, parmi nous, meurt dans l’affairement.

 

  1. Chacun quitte la vie comme s’il venait tout juste de naître.

 

  1. Le fruit le plus important de l’autosuffisance, c’est la liberté.

 

Diogène Laërce, Sentences vaticanes, traduction Daniel Delattre, dans Les Épicuriens, sous la direction de D. Delattre et Jackie Pigeaud, Pléiade/Gallimard, 2010, p. 64, 65, 70, 73.

04/05/2017

Georges Braque, Le jour et la nuit

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Ne jamais adhérer.

 

Chez ceux qui ont le culte d’eux-mêmes, les convictions remplacent la foi.

 

Contrarions les vocations.

 

Le profil contre la silhouette, l’évolution contre le progrès.

 

Tous les ismes sont des constructions.

 

Georges Braque, Le jour et la nuit, Gallimard, 1952, p. 29, 29, 36, 38, 38.

17/12/2014

Jonathan Swift, Résolutions pour quand je vieillirai

                                            Jonathan Swift, Résolutions pour quand je vieillirai, maxime, modestie

             Résolutions pour quand je vieillirai (1699)

 

   Ne pas épouser une jeune femme.

   Ne pas rechercher la compagnie des jeunes à moins qu'ils ne le désirent réellement.

   Ne pas être acariâtre, morose ou soupçonneux.

   Ne pas tourner en ridicule les manières, l'esprit, les modes, les guerres, etc.

   Ne pas aimer trop les enfants ou les laisser venir trop près de moi.

   Ne jamais répéter trop souvent la même historie aux mêmes personnes.

   Ne pas être avare.

   Ne pas négliger la décence ou la propreté de peur de tomber dans l'ignominie.

   Ne jamais être trop sévère pour les jeunes et plutôt tenir compte de leur juvéniles excentricités et de leurs faiblesses. [...]

   Ne pas donner son avis quand on ne vous le demande pas ni en encombrer personne que ceux-là seuls qui le désirent. [...]

   Ne pas parler beaucoup et surtout de moi-même.

   Ne pas me vanter de ma beauté, ou de ma force passée, ou de mon succès auprès des dames, etc. [...]

   Ne pas être affirmatif ou opiniâtre.

   Ne pas vouloir passer pour un homme qui observe toutes ces règles, de peur de n'en observer aucune.

 

Jonathan Swift, Résolutions pour quand je vieillirai, dans Œuvres, édition établie et annotée par Émile Pons, Pléiade, Gallimard, 1961, p. 1307-1308.

03/09/2014

Joseph Joubert, Carnets, I (suite)

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On entend dans leurs paroles le tintement de leurs cerveaux.

 

Il faut avouer ses ténèbres.

 

Aux médiocres il faut des livres médiocres.

 

Évitez d'acheter un livre fermé.

 

Mépriser la vie et la mort.

 

Modèles. — Il n'y a plus de modèles.

 

Dans les festins, il suffit d'être joyeux pour être aimable.

 

Chercher la sagesse plutôt que la vérité. Elle est plus à notre portée.

 

Un rêve est la moitié d'une réalité.

 

Sexes. L'un a l'air d'une laie et l'autre d'un écorché.

 

Joseph Joubert, Carnets, I, Gallimard, 1994 (1938), p. 149, 172, 172, 183, 192, 192, 195, 197, 218, 228.

05/05/2011

Louis Calaferte, Paraphe

 

images-4.jpg   Il faut aimer (ou faire semblant) tout ce qu’on n’a pas les moyens de haïr.

 

   De l’autre côté, ça doit être comme partout.

 

   Ce qui n’est pas poésie n’existe pas.

 

   La vérité, c’est que nous ne sommes que quelques-uns à ne pas pouvoir nous passer de liberté.

 

   Pas de souvenirs. Si ça se pouvait !

 

   Personne n’écoute celui qui a quelque chose à dire.

 

   J’écris pour ne pas me tuer.

 

   Si la poésie ne vous cherche pas, jamais vous ne la trouverez.

 

   Je n’ai jamais fait aucun métier. J’ai toujours été poète.

 

   Ceux qui me font rire.

      Tous ces petits cons qui se prennent pour des écrivains.

 

   Je sais que ça vous est insupportable, mais je n’y peux rien, je ne suis pas comme vous.

 

   Je vois partout des bêtes perdues qui cherchent leurs salopards de maîtres.

 

   Je ne fais rien. J’écris.

 

   Je connais un poète que personne ne connaît, car personne ne connaît les poètes.

 

   La poésie brise la coquille.

 

   Il n’y a pas de belles têtes de bourgeois. Ce sont toujours de sales gueules.

 

   J’aime bien qu’il ait autour de moi un grand désordre de livres de poèmes. Ça aide à vivre dans la seule possible dimension.

 

   Si on savait on n’ouvrirait jamais un dictionnaire.

 

   Il fait beau en Poésie.

 

   Nous ne sommes jamais que des fœtus qui ont grossi.

 

   « La mer, la mer, toujours recommencée ! »

                                                 (Paul Valéry)

   On pourrait en dire autant de l’eau du robinet.

 

   Les mots sont à tout le monde, mais moi je sais m’en servir.

 

   On sait ce que c’est, les poètes, ça ne cherche qu’à vous épater !

 

Louis Calaferte, Paraphe, Arléa, 2011 [Denoël, 1974], p. 21, 23, 27, 28, 46, 48, 48, 51, 57, 58, 62, 66, 80, 85, 93, 101, 105, 150, 160, 164, 167.