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19/09/2020

Vélimir Khlebnikov, Choix de poèmes

 

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             Sombre

 

Quand j’en aurai assez de moi

je me jetterai dans le soleil doré,

l’aile bruissante je revêtirai,

je mêlerai le vice et le sacré.

Je suis mort, je suis mort et le sang a coulé

sur l’armure en large torrent.

Je reviens à moi, différent, vous toisant

à nouveau du regard de guerrier.

 

Vélimir Khlebnikov, Choix de poèmes,

Traduction Luda Schnitzer, édition

Pierre Jean Oswald, 1967, p. 61.

30/04/2020

Vélimir Khlebnikov, Choix de poèmes

Étienne de la boétie,sonnets,désespoir

La Blanchisseuse, 11

 

Oyez, bonnes gens, oyez !

Gens ouvriers, reprenez vos esprits...

Oyez ! Gens du Pré Chaud —

Ici habite le jeune fille Liberté,

notre belle promise.

Depuis longtemps j’aimais ses yeux,

simples, ouvriers.

Moi, jeune fille russe, moi, la manouvrière

aujourd’hui je vous régale de Liberté !

Bonnes gens ! Bonnes gens ! Il n’y aura plus de mal ni de misère !

Plus de mal ni de misère !

 

Vélimir Khlebnikov, Choix de poèmes, traduction du russe

Luda Schnitzer, Pierre Jean Oswald, 1967, p. 185.

12/11/2017

Velimir Khlebnikov, La création verbale

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L’A. B. C. libéré des entraves

 

Le Livre Unique

 

J’ai vu les noirs Védas

Le Coran, l’Évangile,

Les livres des Mongols

Dans leur gaine de soie,

Où se mêlent la poussière des steppes

Et l’odeur forte de crottin.

Faire un bûcher,

Comme les Kalmouks à l’aube,

Et s’y étendre —

De blanches veuves disparurent dans un nuage de fumée,

Pour hâter la venue

Du Livre Unique,

Dont les pages sont de grandes mers,

Frémissant de leurs ailes de papillons bleus ;

Et le fil de soie indiquant

Où s’est suspendu le regard du lecteur

Des fleuves immenses au torrent bleu ;la Volga où, la nuit, on chante Razine,

Le Nil jaune où l’on prie le soleil,

le Yang-Tsé-Kiang comme un purin épais de créatures humaines.

[…]

 

Velimir Khlebnikov, La création verbale, traduction Catherine Prigent, Christian Bourgois, 1980, p. 21.

04/05/2013

Vélimir Khlebnikov, Choix de poèmes

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Des caresses

de seins parmi l'herbe,

vous, tout entière, souffle de chaudes sécheresses,

vous étiez debout, près de l'arbre

et les tresses

tordaient la torsade des torts atroces en toron.

Et les heures bleues

vous enlaçaient de tresses de cuivre.

Leur coulée cuivrée se tord, torride.

Et ton regard — c'est une chaumière

où tournent le rouet deux marâtres — fileuses.

Je vous ai bue à plein verre

durant les heures bleues

lorsque vous regardiez le lointain de fer.

Les pins frappent le bouclier

de leurs aiguilles murmurantes,

clos, les yeux des vieilles ;

et maintenant

m'enserrent, me brûlent les tresses de cuivre.

 

Vélimir Khlebnikov, Choix de poèmes, traduit du russe et présenté par Luda Schnitzer, Pierre Jean Oswald, 1967, p. 83.