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12/09/2026

Jacques Roubaud, strophes reverdie

jacques roubaud, strophes reverdie

Quand

 

La lampe pas encore éteinte

Quand le feu commence à pâlir

Quand le soleil renonce quand

Les gens qui passent dans la rue

         Noircissent

 

Ach !

 

Tu es vieux tu te ressembles

Encore les jours de marché

Un peu de pluie et tu vas fondre

Sur les feuilles mouillées un peu

Courir comme un homme sans pieds ?

 

Jacques Roubaud, strophes reverdie,

L’Usage, 2019, p. 31 et 35.

11/09/2026

Jacques Roubaud, La pluralité des mondes de Lewis

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Lyrique

 

ligne chancelante des feuilles

 

têtes des sept peupliers anglais au loin

 

au-delà de l’espace bleu et vert

 

concède ta dissolution.

 

invraisemblance de penser, en juin,

 

quand ces têtes lointaines, et la touffe, le point

 

de ta nudité, sous les langues chaudes des fenêtres

 

s’emplissant de soleil, me faisant signe, là-haut,

 

à la brièveté équivoque de ces matins.

 

je le savais, il m’en souvient, il faisait beau,

 

de la beauté de l’air qui ne dit rien,

 

pour les heures dans nos matins, et s’en va.

 

chaleur de l’herbe courte, versée, odeur,

 

et de tes jambes,

 

couverte.

 

Jacques Roubaud, La pluralité des mondes de Lewis,

Gallimard, 1991, p. 36.

10/09/2026

Jacques Roubaix, Dors, précédé de Dire la poésie

 

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je m’éveille

et j’entends

un cri

 

un cri

d’avant que

je m’éveille

 

——————

 

le noir

 noir

 

noir

 

et

 

l’air

 

jam

 

ais

 

vide

 

Jacques Roubaud, Dors, précédé de

Dire la poésie, Gallimard, 1981, p. 79.

09/09/2026

Jacques Roubaud, Dix hommages

 

jacques roubaud, dix hommages, raymond queneau

Rue Raymond Queneau

 

On a convoqué les mots

Dans la rue Raymond Queneau

 

Mots de bruit, mots de silence

Des mots de toute la France

 

Ils envahissennt les rues

De Paris ses avenues

 

Les verbes ouvrent la marche

De la langue patriarches

 

Ensuite les substantifs

Aidés de leurs adjectifs

 

Les pronoms, les reletifs,

Et les autres supplétifs…

 

Ah ! voici les mots d’amour

Ils accourent des faubourgs

 

Les rimes font ribambelle

Dans la rue de la Chapelle

 

D’autres viennent à dada

Par la rue Tristan Tzara

 

Certains traînent qui sont lents

Encor Place Mac Orlan

 

Un s’écrie « attendez-moi ! »

Attardé rue Max Dormoy

 

Enfin les voilà en masse

Ils s’alignent dans l’espace

 

Ils composent sans problème

Cent Mille Milliards de Pouèmes

 

Jacques Roubaud, Dix hommages,

Ink, np, 2011.

08/09/2026

Jacques Roubaud, Trente et un au cube

jacques roubaud, trente et un au cube

finster sam der Tod

 

DE TA VUE JE MEURS   de te voir, d’être tes yeux,   leur gris et leur bleu    selon l'instant de la nuit, chaque temps de la vue est

mort, de la durée   se dépose en moi, segments   ma vie : « le monde au-   dehors est riant jeune et rouge   vert mais en dessous est noir

sombre comme la   mort » moi je meurs de ta vue   les yeux me dilatent,   me réduisent à un point, je les emporte partout,

poison de couleur, contact de la couleur, gris,   bleu-gris selon les   horaires de l’eau, ta mort   se déclenche en moi, je vis

dans ta vue, qui monte   ma mort comme horloge, comme   salive, qui apprête ma mort, je suis dans   le point bouillant de ta vue

[…]

 Jacques Roubaud, Trente et un au cube, Gallimard, 1973, p. 113.

07/09/2026

Jean Ristat, N Y Meccano

jean ristat, N Y meccano, description,

Equitable Center Galleria

 

La belle poésie pour les larmes comme

Elles roule sur les vitres de manhattan

Un coup de balai un aspirateur à poux

En finir avec la masturbation des nymphes

Une poudre de perlinpimpin à l’église

Sur le cadavre enrubanné la bouche ouverte

Une poule couve la nuit et la clochette

En l’air commande aux agenouillements poussifs

L’abandon dans les sofas des muses à voilettes

Ô mes jolies pensives à se moucher dans

Parménide avec des violettes de parme

La main dégantée pour le flacon de sels

La suffocation d’une baladeuse dans

Les replis moisis des culottes de zouave

Les métaphores et les cloportes à douze pattes

[…]

Jean Ristat, N Y Meccano, Gallimard, 2001, p. 15.

 

 

 

 

06/09/2026

Jean Ristat, Le théâtre du ciel, Une lecture de Rimbaud

            

                         jean ristat,le théâtre du ciel,une lecture de rimbaud

                  E Blanc, Scène 3

Elle venait sans que j’y prenne garde à pas

De loup et ce cœur en moi s’usait peu à peu

À battre la chamade je ne l’avais pas

Reconnue tant son visage était pâle et

Ressemblait à s’y méprendre à la blanche nuit

Ses regards enjôleurs me grisaient doucement

O comme elle était tendre lorsqu’elle voulut

Me prendre par surprise au petit matin calme

 

J’aurais pu te quitter sans avoir baisé ta

Bouche tandis qu’à m’étreindre elle buvait mon

Sang O la camarde ma camarade attends

Encore un peu je n’ai pas fini d’inventer

Pour lui les mots du nouvel amour

 

Jean Ristat, Le théâtre du ciel, Une lecture de Rimbaud,

Gallimard, 2009, p. 40-41.

05/09/2026

Jean Ristat, Ô vous qui dormez dans les étoiles enchainés

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             Le pays des ombres

 

                         I

 

Je suis né au pli du crime venant de nulle

Part pour aller on se sait où en ce temps-là

Le feu

Sanglant ouvrait les lèvres pâles de la nuit

On entassait les cadavres dans les fossés

Et l’homme en l’homme se mourait d’avoir perdu

Son nom

Ma bouche est sans parole au sortir de l’enfer

 

                       II

 

À quels autels de la mémoire Ô dieux

De mon enfance célébrer les morts ne parlent

Pas les morts rient de nous dans le pépiement

Des oiseaux la nuit s’avance comme un loup dans

La bergerie je suis né au pli du crime

 (…)

Jean Ristat, Ô vous qui dormez dans les étoiles enchaînés,

Gallimard, 2017, p. 29.

 

04/09/2026

Jean Ristat, Le Fil(s) perdu

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                                  Cinquième méditation

 

J’écrivis ces jours derniers : Boileau c’est moi. Il me semblait que ce n’était là qu’un premier pas : l’individualisme en littérature reste une séquelle de l’ancien régime bourgeois. La propriété littéraire, outre qu’elle est une malhonnêteté — comment prouver que Boileau est Boileau, est bien l’auteur de … ? et quand bien même l’on prouverait qu’il écrivit effectivement, à une période donnée de sa vie, telle ou telle œuvre, quel est ce IL ? Quel rapport y a-t-il entre le Boileau des Épîtres et celui des Satires, ou de  L’Art poétique ? Je revendique pour les écrivains le droit à leur autodétermination     : ainsi Boileau c’est moi. Outre qu’il y a une malhonnêteté à passer de l’individualité problématique (unitaire) de l’écrivain à la propriété — j’affirme  que celle-ci est un vol.

Boileau c’est moi. Boileau c’est nous.

 

Jean Ristat, Le fil(s) perdu suivi de Le lit de Nicolas Boileau et de Jules Verne, Gallimard, 1974, p. 69.

03/09/2026

Jean Ristat, Ode pour hâter la venue du printemps

 

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           La mort de l’aimé,

                         II

 

Nul repos pour celui qui souffre ni miroir

Et le mur peint à la chaux appelle une étoile

La nuit garde son secret comme un bouquet d’arbres

La lumière sur le lit un tigre allongé

L’amant sous la grêle un souffle dans les draps

On ne dit plus qu’on pleure dans l’ombre des chambres

Les fleurs ont oublié les couleurs de l’été

Dans le puits d’un rêve la chaîne dévidée

Cheval fou la fièvre t’emporte à cru les membres

Rompus tournoyante pour l’attaque le repli

Ne crains rien amour je veille sur ton sommeil

Je fouetterai le vent mauvais jusqu’au sang

J’éteindrai dans la glace l’ardeur des démons

Voici que le matin s’annonce aux volets

Le jardin montre ses parures et ses rubans

Le ciel a la couleur de tes yeux et tu ris

On ose aimer encore on ne veut plus mourir

 

Jean Ristat, La Mort de l’aimé, dans Ode pour hâter la

venue du printemps, Poésie/Gallimard, 2008, p. 126-127.

 

02/09/2026

Jean Ristat, Artémis chasse à courre le sanglier, le cerf et le loup

 

jean ristat,chasse à courre...

           La chasse du loup

 

À cette heure incertaine où l'obscur dispute

Au jour son royaume la déesse repue

Rappelle ses valets avant que de céder

Au sommeil tous les oiseaux se sont tus et les

Pâles enfants des hommes tremblent dans leurs draps blancs

Lorsqu'un rêve très ancien vient les visiter

À la vitre étoilée de la chambre l'ombre

Bleue de la bête qui regarde et attend

 

                         *

 

À l'enclume de la nuit apollon martèle

La lune vieille casserole cabossée

Et blanchie aux feux ronflants de l'empire des

Morts voici l'heure des métamorphoses et des

Enchantements Ô théâtre où tout s'échange et

Se déplie les mots comme fleurs de papier

     

                         *

 

Elle qui fait pleuvoir des plumes d'argent pour

Son apothéose portée comme un os

Tensoir sur le brancard du ciel montre son ventre

Rond de vierge engrossée par le vent à tout

L'univers comme une lanterne magique et

Darde lumineuse ses flèches innombrables

 

                         *

 

Par les orbites décavées de sa tête

Grottes profondes sortent les loups tour à tour

Dévalant les toboggans de ses rayons comme

Des pistes neigeuses et pentues à vertige et

Culs par-dessus têtes tombent dans les bruyères

 

[...]

 

Jean Ristat, Artémis chasse à courre le sanglier, le cerf et le loup,

Gallimard, 2007, p. 43-44.

01/09/2026

Michel Ange — Rodin, Corps vivants

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Avec ce catalogue imposant, nous sommes bien éloignés des premières listes d’œuvres établies pour une exposition à la fin du XVIIe siècle ou des fiches plus nourries et diffusées auprès d’un public cultivé des "Salons" du XVIIIe siècle ; Diderot a développé des textes critiques sur les œuvres mais cette nouveauté ne sera intégrée qu’au siècle suivant dans les catalogues. Ils s’étoffent alors de gravures, puis de photographies, et de notices sur les peintres : les tableaux étaient entrés dans l’économie de marché et toute une série de documents les concernait. Aujourd’hui, ce sont des historiens de l’art qui ont la charge du catalogue d’une grande exposition et ils sont accompagnés d’une large équipe qui étudie des points précis. Pour Michel-Ange et Rodin, l’introduction comme les études aident à redécouvrir les deux sculpteurs — redécouverte : ils ont fait l’objet de très nombreuses expositions et ont souvent été rapprochés, mais insister à nouveau sur le lien de filiation ne suffit pas, l’objectif est ici d’analyser « les liens esthétiques, formels, stylistiques et conceptuels qui se tissent à (…) quatre siècles de distance ». Ce faisant, mettre en évidence que, pour l’un comme pour l’autre, il s’est toujours agi de sculpter le corps comme « expression de la vie », ce que résume "Corps vivants" et le titre choisi par C. Ariot et M. Bormand pour présenter l’ensemble, "La vie en tant que telle".

Les œuvres de Rodin sont abondantes dans le musée qui lui est consacré à Paris, il fallait cependant rassembler ses œuvres, comme celles de Michel-Ange, présentes hors des musées français (Allemagne, États-Unis, Italie, Royaume uni, etc.), construire l’iconographie et trouver un équilibre entre les reproductions en pleine page (Michel-Ange, La Piété ; Rodin, Je suis belle) et d’autres de dimensions plus modestes (Michel-Ange, Faune dansant avec un tambourin, sanguine ; Rodin, Femme nue dansant, crayon au graphite). Il fallait aussi les présenter et les commenter, sachant que l’iconographie n’est pas limitée à la totalité des œuvres exposées, s’ajoutent notamment des dessins, des photographies, des œuvres d’autres peintres et sculpteurs (Ossip Zadkine, Hommage à Rodin) : l’ensemble des textes constitue une documentation de qualité que des dizaines d’heures de lecture n’épuiseront pas.

 

Les études, savantes mais lisibles par tout amoureux de la sculpture, font reculer notre ignorance et l’on ne peut en quelques lignes les résumer toutes. Les travaux de Léo Steinberg (1920-2011) à propos de Michel-Ange sont présentés par G. Cassegrain qui insiste sur un des principes de lecture du critique d’art, pour qui le regard doit souvent revenir sur une œuvre, l’interprétation étant toujours à reprendre, « sans fin ». É. Pagliano recherche Michel-Ange et Rodin dans leur œuvre, aucun autoportrait n’étant connu ; F. Blanchetière retrouve chez les deux artistes la présence de Dante, en Italie avec la fresque du Jugement dernier dans la Chapelle Sixtine, et Rodin, avec La Porte de l’Enfer, a prouvé qu’il était fasciné par La Divine comédie. Si Michel-Ange a été reconnu très vite comme maître de la Renaissance, Rodin en a prolongé l’image, ce qui est très clairement affirmé dans un article du critique d’art Octave Mirbeau en 1884 ; le lien entre les deux sculpteurs sera ensuite continuel objet d’étude jusqu’à nos jours.*

Tous deux se confrontent à deux modèles, la Nature et l’Antiquité, non pour reproduire mais en construisant une esthétique nouvelle. Il est visible que dans les corps de Michel-Ange les traits masculins et féminins se mêlent, comme dans l’Ève du péché originel au plafond de la Chapelle Sixtine, au point que certains critiques ont déduit de cette ambiguïté une possible homosexualité de l’artiste, sans comprendre qu’il engageait la sculpture dans une voie nouvelle où le réalisme n’a pas sa place. Il ne s’agit pas de reproduire le corps, masculin ou féminin, mais de penser sa vitalité, d’où l’importance de l’érotisme qui la manifeste par excellence. À côté de la figure serpentine, figure même des mouvements du corps, dans son étude Claire Maingeon rappelle l’érotisme de la Léda de Michel-Ange, que l’on connaît par les copies, et l’exaltation du corps féminin dans l’œuvre de Rodin. À côté de ses très nombreux dessins, il faut revoir son Iris, messagère des dieux, statue acéphale mais aux cuisses ouvertes.

 

Une femme sans tête ? C’est un point commun essentiel entre Michel-Ange et Rodin, l’inachèvement volontaire d’une sculpture. Ophélie Ferlier Bouat, dans "L’œuvre en devenir, Polarités du non-finito chez MA et R", cite une réflexion de Rodin qui définit justement de quoi il s’agit :

 

Il n’y a pas de fin possible dans une œuvre d’art, puisqu’elle est Nature et la Nature ne connaît pas de fin, étant infinie ; on s’arrête donc à un moment ou à un autre quand on a mis dans son œuvre tout ce qu’on voit, tout ce qu’on a cherché, tout ce qu’on a envie de mettre ou tout ce qu’on désire particulièrement : mais on pourrait vraiment continuer indéfiniment et voir encore plus à faire.

 

Continuer, mais aussi s’arrêter, décider de garder intact une partie du matériau. Cette pratique n’existe que depuis la Renaissance et si certaines statues antiques endommagées ont été restaurées, on sait que Michel-Ange a refusé le Torse du Belvédère, sans tête, sans bras et sans jambes, le trouvant parfait dans cet état, et qu’il a choisi de ne pas terminer une partie importante de ses sculptures  Les parties inachevées, du tombeau des Médicis, longuement observées par Rodin lors de son voyage en Italie, « permettent au regard de hiérarchiser les informations (…), de sélectionner, d’isoler, de valoriser » (O. Ferlier Bouat).

Cette manière de créer est également analysée par G. Didi-Huberman ("Captifs et captives") dans La Pensée de Rodin : le visage d’une jeune femme, poli, émerge d’un cube, masse informe, qui semble venir directement d’une carrière. Rilke, cité, y voyait « un visage qui s’élève lentement du lourd sommeil de la durée noire ». Rodin avait, lors de son voyage à Florence, découvert des œuvres de Michel-Ange, celles de la Nouvelle Sacristie et la « série des Captifs inachevés » ; « on ne savait plus dans quel sens s’orientait le dialogue de la forme et de l’informe, du corps humain et du bloc minéral ». Rodin n’a pas emporté l’adhésion de tous, mais le non finito venu de la Renaissance « devint un paradigme majeur pour toute la modernité sculpturale ».

 

Il n’est pas toujours possible de se rendre à une exposition, celle consacrée à Michel-Ange et Rodin au Louvre, par exemple, et rien ne remplace le regard, le fait de se déplacer devant une sculpture, de revenir en arrière pour comparer, vérifier un détail, etc. Certes. Ceci dit ce catalogue, à la fois savant mais toujours accessible est un bel ouvrage de référence qu’on lira après avoir (ou non) regardé les œuvres et que l’on consultera souvent. On trouvera très utile une abondante bibliographie (beaucoup d’ouvrages appelés par les notes des articles) qui intègre les catalogues d’expositions passées (celle de "Rodin et l’art des anciens grecs", au British Museum, à Londres en 2018).

* Est rappelée la publication en 2023 de la thèse de Sara Vitacca sur la réception de Michel-Ange entre 1875 et 1914.

 

Ariot Chloé et Bormand Marc (sous la direction de), Michel Ange-Rodin, "Corps vivants", Musée du Louvre/Gallimard, 384 p., 49 €. Cette recension a été publiée par Sitaudis le 17 juillet 2026.