05/11/2026
Umberto Saba, Trente poèmes

La chèvre
J’ai parlé à une chèvre.
Elle était toute seule dans un pré, attachée.
Gonflée d’herbe, trempée
de pluie, elle bêlait.
Son bêlement monotone était fraternel
à ma douleur. Et je lui répondis, d’abord
pour m’amuser, puis parce que la douleur est éternelle,
et n’a qu’une voix, toujours la même.
Cette voix, je l’entendais passer dans son bêlement solitaire.
Dans la voix d’une chèvre à tête de Juif
j’entendais la voix de tous les maux,
la plainte de toutes les vies.
Umberto Saba, Trente poèmes, traduction
Georges Mounin, l’apprentypographe, 1986, p. 32.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES, Saba Umberto | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : umberto saba, trente poèmes, solitude, plainte |
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Commentaires
Merci !
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Écrit par : Philfff | 07/11/2026
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