Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/11/2026

Umberto Saba, Trente poèmes

 

Il était six heures du soir, un beau jour

de fête. Derrière le Phare, dans ces parages

où l’on entend béatement la sonnerie

d’une trompette, la voix d’un enfant

qui joue tranquille autour des carcasses

de vieux navires, assis tout seul

au bord de la vaste mer — j’atteignis, si je ne me trompe

un sommet de ma douleur d’homme.

 

Parmi les cailloux que je ramassais pour les lancer

dans l’eau (la cible, c’était

une poutre flottante), je découvris un bol,

un beau bol brun, jolie forme

utile autrefois, dans une cuisine

fenêtres ouvertes au soleil et sur le vert

des collines. Avec angoisse

un homme peut s’identifier même à cela.

 

Umberto Saba, Trente poèmes, traduction

Georges Mounin, l’apprentypographe, 1986, p. 11.

 

Écrire un commentaire