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03/09/2026

Jean Ristat, Ode pour hâter la venue du printemps

 

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           La mort de l’aimé,

                         II

 

Nul repos pour celui qui souffre ni miroir

Et le mur peint à la chaux appelle une étoile

La nuit garde son secret comme un bouquet d’arbres

La lumière sur le lit un tigre allongé

L’amant sous la grêle un souffle dans les draps

On ne dit plus qu’on pleure dans l’ombre des chambres

Les fleurs ont oublié les couleurs de l’été

Dans le puits d’un rêve la chaîne dévidée

Cheval fou la fièvre t’emporte à cru les membres

Rompus tournoyante pour l’attaque le repli

Ne crains rien amour je veille sur ton sommeil

Je fouetterai le vent mauvais jusqu’au sang

J’éteindrai dans la glace l’ardeur des démons

Voici que le matin s’annonce aux volets

Le jardin montre ses parures et ses rubans

Le ciel a la couleur de tes yeux et tu ris

On ose aimer encore on ne veut plus mourir

 

Jean Ristat, La Mort de l’aimé, dans Ode pour hâter la

venue du printemps, Poésie/Gallimard, 2008, p. 126-127.