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15/09/2026

Durs Grünbein, Presque un chant

Durs Grünbein, Presque un chant, nature morte

                    Théière et kakis

 

Quand l’après-midi les phases du silence

Se font plus longues que les ombres en hiver,

Vient l’idée de la nature morte.

 

Tout dans la pièce devient tableau, l’observateur

Disparaît peu à peu par les portes ouvertes.

La lumière caresse les meubles et le sol, effleure

La théière et les kakis posés sur l’assiette,

Et comme un fixatif rend les contours ineffaçables.

Elle écrit le livre des choses superflues.

 

Les vieux maîtres japonais ne peignaient plus,

À l’époque de Tout est mort, que l’inanimé

Des tasses et des paravents. Cela suffisait.

 

Durs Grünbein, Presque un chant, Gallimard,

2019, p. 163.

 

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