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27/04/2019

Claude Chambard, Carnet des morts

  claude chambard par MD.jpg

IV

 

Dans le miroir nous ne nous connaissons pas

C’est le sauvage qui est dans le grain.

Mieux vaut être sauvage qu’aveugle.

S’il n’y a pas de buée sur le miroir, c’est la mort.

La mort est invisiblement visible dans le miroir.

 

Le livre est le lieu de la ressemblance.

Même si le livre ne ressemble pas au livre, il est la ressemblance.

Nous ressemblons à ce que nous lisons dans le livre.

Même si ce que nous lisons est exécrable. Notre visage alors se tord & marque sa répugnance. Nous effaçons le livre de notre visage le live, nous nous écartons de la ressemblance ;

 

Claude Chambard, Carnet des morts, Le bleu du ciel, 2011, p. 36-37.

30/11/2016

Jacques Lèbre, L'immensité du ciel

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                       Visages

 

Quelles peaux laissons-nous derrière nous

qui gardent encore notre forme exacte

en des époques révolues

dans une ressemblance un peu décalée ?

 

À dix-sept ans de distance dans le temps

et à cent cinquante kilomètres de distance

quelque chose d’un moment ricoche sur l’autre.

 

Visages, pourquoi remontez-vous parfois

du fond de toutes les années mortes ?

Est-ce la vie qui de nouveau vous décompose

quand le présent ne décèle jamais la cause

de votre soudaine et troublante apparition ?

 

Jacques Lèbre, L’immensité du ciel, La Nouvelle

Escampette, 2016, p. 21.