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25/01/2018

Guillevic, Relier, 1938-1996

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Hautbois

 

À voir autour de lui

Tant de coquelicots

Le bluet

Préférait le rouge

 

*

Il fait très beau. La terre

Monte les escaliers.

 

*

À défaut d’océan,

Il y a ta paume

À regarder.

 

*

À cause

de la branche du frêne,

L’heure est gagnée.

 

*

Pas la peine, tilleul,

De te cacher en toi,

Je te connais.

 

*

Le poulain se surprend

Au cri du chat-huant.

 

*

Dans le verger,

Les pierres des murs,

Les prunes

Comptaient par siècles.

 

Guillevic, Relier, 1938-1996, Gallimard,

2007, p. 597 et 599.

02/10/2017

Guillevic, Relier

 

Guillevic_6628.jpeg

Brabant

 

Voir l’étendue

Venir vers toi.

 

L’espace est plus

Que du volume

Qui veut s’ouvrir.

 

L’espace n’est pas

Quelque chose qui se donne.

 

Le souffle de l’étendue

S’appelle l’espace.

 

Tourne le dos à l’espace

Il te rattrapera.

 

Tout cela

Que tu ne caresseras

Que de l’œil.

 

Même si ce paysage

Ne veut pas de toi,

Plonges-y ton front.

 

De ce paysage

Ne se lèvera

Que ce que tu feras se lever.

 

Prends autrement

Ce que tu ne peux

Prendre dans tes mains.

 

Guillevic, Relier, Gallimard,

2007, p. 307-308.

 

 

 

 

22/03/2015

Guillevic, Relier

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Ce nouveau printemps

 

Ne t’inquiète pas

Du flux de la rivière :

Ce n’est pas lui

Qui te porte à ta fin

 

           *

 

Ne t’inquiète pas

De l’orage en vue.

Que peut-il bien être

À côté des tiens ?

 

              *

 

Ne t’inquiète pas

Du soleil ce soir.

Ce n’est pas toi

Qui l’as fatigué.

 

              *

 

Ne t’inquiète pas

De tes cauchemars.

La nature se venge

De ce qu’elle fait pour toi.

 

               *

 

Ne t’inquiète pas

Du bec du rapace,

Ce n’est pas à toi

Qu’il doit en vouloir.

 

                *

 

Ne t’inquiète pas

Pour cette violette,

Elle veut être seule

À se regarder.

 

               *

 

Ne t’inquiète pas

Du cri du coucou

Si tu sais aimer

Ce nouveau printemps.

 

Guillevic, Relier, 1938-1996,

Gallimard, 2007, p. 701-702.