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14/03/2020

Franz Kafka, Journaux

                      franz kafka,journaux,solitude,bien-être

16 [décembre 1910]

 

J’ai été seul pendant 2 jours et demi — certes pas complètement — et déjà je suis, sinon transformé, en tout cas en bonne voie. Être seul exerce sur moi une force, qui n’échoue jamais. Mon intérieur se dissout (provisoirement en surface) et est prêt à laisser venir le plus profond. Une petite mise en ordre de mon intérieur commence à se mettre en place et je n’ai plus besoin de rien, car le désordre avec de petites capacités c’est le pire.

 

Franz Kafka, Journaux, traduction Robert Kahn, NOUS, 2020, p. 125-126.

06/11/2011

Paul Blackburn, Villes, suivi de Journaux

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La proposition

 

 

Après qu'elle

s'est plainte des

hommes


pendant une bonne heure

à la mère de sa copine

elle


rendait visite à sa copine

et à la mère de sa copine

à la campagne, son


amie était sortie

chercher le chat

et elle


continuait la ré-

pétitive lamentation que

la mère de sa copine


écoutait patiemment

sans rien dire

jusqu'à ce que (pendant que)


sa fille était sor

tie (chercher

le chat)


et elle dit pour la

centième fois combien vraiment

les hommes étaient


de purs bâtards et est-ce qu'elle croyait

pas (la mère) qu'il

EXISTAIT


d'autres choses in-

téressantes, ou

qu'il était


temps d'essayer quelque chose

de nouveau, la mère

après un long silence


dit : « ça serait

pas vraiment nouveau

pour moi, mais je suis


prête quand tu le seras. »

La copine de

retour (avec le chat)


fut pas qu'un peu sur-

prise quand son amie in-

sista pour rentrer par le dernier bus (elle


devait ABSOLUMENT corriger un

texte). « J'espère que je l'ai

pas offensée, ou rien.»


La mère, après avoir

reconduit la copine au bus,

expliqua


à sa fille, sur

le chemin du retour la plus que

probable raison qui


avait fait fuir

vers la ville son amie

si brutalement

 

 

L'OBSCURITÉ EST SUR LE MONDE ET L'AMOUR

                                                               est parti ail-

leurs, mon esprit, ganté et épuisé

même le hall est obscur tandis

que je me gerbe sur le lit

Ce n'est pas que

je ne t'aime

pas, ma chérie, nous

sommes tous les deux ailleurs.

 

Paul Blackburn, Villes suivi de Journaux, traduit par Stéphane Bouquet, Série américaine, José Corti, 2011, p. 128-129, 136.