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21/10/2014

Bartolo Cattafi, Mars et ses ides

Bartolo Cattafi, Mars et ses ides, pierre, mouvement, gris, mélancolie

Une pierre

 

Un geste de courage

lancé dans le vent

une pierre roulant lentement tout au long de son trajet

qui dans sa plénitude se reconnaît

et admire ses arêtes

puis émerge comme un marbre depuis la mêlée

ton front

blanc prend peur

inerte défaite poussiéreuse

tombée à tes pieds

mais retentissante

après t'avoir touché.

 

Gris

 

Dans ce temps dans ce gris

j'ouvre la porte

j'y entre aisément

comme une goutte dans la mer

mon visage est gris

comme les vêtements qui couvrent

le gris de mon corps

mon âme se montre

aux fenêtres des yeux

avec une part de gris

puisque le reste est encore

charbon non consumé.

 

Bartolo Cattafi, Mars et ses ides, traduit de l'italien par

Philippe di Meo, Héros Limite, 2014, p. 13, 53.

16/05/2013

Bartolo Cattafi, L'alouette d'octobre

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               Rêve d'hiver

 

Ce foisonnement estival

tournoiement de mouches

dans une pièce hivernale...

La pensée est une opaque

matière tressaillante

dans ce bourdonnement

il dort barricadé

au sein des lois de l'heure

tel un poulpe cramponné

à son rêve d'hiver

il ouvre parfois un œil

si soleil et braise brillent vaguement

mais il ne voit pas.

 

 

 

               Sogno d'inverno

 

Questo rigurgito estivo

mulinello di mosche

in una stanza invernale...

Il pensiero è un'opaca

materia trasalita

al ronzìo

egli dorme rinchiuso

tra le leggi del momento

come un polipo aggrappato

al suo sogno d'inverno

apre un occhio talvolta

se sole e brace balùginano

ma non vede.

 

Bartolo Cattafi,  L'alouette d'octobre, traduction de

l'italien par Philippe Di Meo, Atelier La Feugraie,

2010, p. 57 et 56.

05/03/2013

Bartolo Cattafi, L'alouette d'octobre

Bartolo Cattafi, L'alouette d'octobre, Philippe Di Meo, la crue, s'évader

    La crue

 

Quelques gestes ou paroles

murmurées à peine

paisibles regards de braise

voilés par la cendre

et dehors le grondement de la crue

eaux arbres bourbe

arrachés à quelque lieu

ici déversés pour former

une terre nouvelle une mer nouvelle

 

      On ne s'évade pas

 

On ne s'évade pas de cette pièce

de ce qui ici point ne survient

 

 

      La piena

 

Qualche gesto et parola

mormorata appena

quieti sguardi di brace

velati dalla cenere

e fuori il rombare della piena

acque alberi mota

tolti da qualche luogo

qui scagliati a formare

la nuova terra il nuovo mare.

 

       Non si evade

Non si evade da questa stanza

de quanto qui dentro non accade.

 

Bartolo Cattafi, L'alouette d'octobre, traduction

Philippe Di Meo, L'atelier la Feugraie, 2010,

p. 65 et 64.