Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/07/2017

Italo Calvino, Pourquoi lire les classiques

                                        calvino.jpg

   La lecture d’un classique doit toujours nous réserver quelque surprise par rapport à l’idée que nous en avions. Aussi ne recommandera-t-on jamais assez de lire directement les textes originaux en écartant le plus possible les bibliographies critiques, les commentaires, les interprétations. L’École et l’Université devraient servir à faire comprendre qu’aucun livre parlant d’un livre n’en dit davantage que le livre en question. Elles font tout cependant pour faire croire le contraire : et l’on constate un renversement des valeurs tel que l’introduction, l’apparat critique, la bibliographie sont utilisés comme un rideau fumigène qui dissimule ce que le texte a à dire et qu’il ne peut dire qu’à condition qu’on le laisse parler sans un intermédiaire qui prétend en savoir plus que lui.

 

Italo Calvino, Pourquoi lire les classiques, traduction de l’italien Jean-Paul Manganaro, Points / Seuil, 1995 [1984], p. 9-10.

Commentaires

On ne pouvait attendre moins d'un grand auteur et d'un grand lecteur comme Italo Calvino. Ce texte, d'une implacable pertinence, devrait être affiché en gros caractères dans toutes les universités et officines productrices de gloses prétentieuses. Le propos de Calvino rejoint ce "conseil" d'Yves Bonnefoy que j'ai toujours gardé en mémoire et qui dit en substance qu'il faut toujours préférer la monstration à la démonstration.
Merci d'avoir donné ce texte dans votre blog parmi tant d'autres de qualité.
J.-F. Mathé

Écrit par : Jean-François Mathé | 28/07/2017

Les commentaires sont fermés.