22/02/2026
André Frénaud, Hæres

Rêveuse cuisine
Les gras s’assemblent au mitan,
le gris s’assimile toute la boutique,
la grosse balance pèse les moustiques
et joue toute seule en maugréant.
La carence de la légume fait mine misérable à la resserre
où l’endive blanchit dans la solitude.
Ô temps des gigots et des châteaubriants,
pourquoi scander encore
ces scandaleux jours de famine, s
onge l’horloge des hrands-parents ? Ô temps
des chaudrons qui chantaient, des chandelles…
Dort la bonne, elle a des envies`
de perdre sa place :
dans la nuit de la fête
le petit veau froid a mangé l’oie,
dans le frigidaire.
André Frénaud, Hæres, Poésie /Gallimard, 2006, p. 113.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES, Frénaud André | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : andré frénaud, hæres, cuisine |
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