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28/10/2016

Maurice Scève, Délie

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CCXXI

 

Sur le printemps que les aloses montent,

Ma Dame et moi sautons dans le bateau,

Où les Pêcheurs entre eux leurs prises comptent,

Et une en prend, qui, sentant l’air nouveau,

Tant se débat qu’enfin se sauve en l’eau,

Dont ma Maîtresse pleure et se tourmente.

— Cesse, lui dis-je, il faut que je lamente

L’heur du poisson que n’as su attraper,

Car il est hors de prison véhémente,

Où de tes mains ne peux onc échapper.

 

Maurice Scève, Délie, édition François Charpentier,

Poésie / Gallimard, 1984, p. 174.

20/03/2014

Maurice Scève, Délie

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                          CLXXXIII

 

Voy ce papier de tous costez noircy,

Du mortel dueil de mes justes querelles ;

Et, comme moy, en ses marges transy,

Craingnant les mains piteusement cruelles.

Voy, que douleurs en moy continuelles

Pour te servir croissent journellement,

Qui te debvroient, par pitié seulement,

A les avoir agreables constraindre,

Si le souffrir doibt supplir amplement,

Ou le merite oncques n'a peu attaindre.

 

Maurice Scève, Délie, dans Œuvres poétiques,

Librairie Garnier Frères, 1927, p. 67.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

01/10/2012

Maurice Scève, Délie

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L'ardent désir du haut bien désiré,

Qui aspirait à celle fin heureuse,

A de l'ardeur si grand feu attiré,

Que le corps vif est là poussière ombreuse ;

Et de ma vie, en ce point malheureuse,

Pour vouloir toute à son bien condescendre,

Et de mon être, ainsi réduit en cendre,

Ne m'est resté que ces deux signes-ci :

L'œil larmoyant pour piteuse te rendre,

La bouche ouverte à demander merci.

 

 

Sur le Printemps que les Aloses montent,

Ma Dame et moi sautons dans le bateau,

Où les pécheurs entre eux leur prise coptent,

Et une en prend, qui, sentant l'air nouveau,

Tant se débat qu'enfin se sauve en l'eau,

Dont ma Maîtresse et pleure et se tourmente.

« Cesse, lui dis-je, il faut que je lamente

L'heur du poisson que n'a su attraper,

Cat il est hors de prison véhémente,

Où de tes mains ne peux onc échapper. »

 

Maurice Scève, Délie, édition présentée, établie et

annotée par Françoise Charpentier, Poésie / Gallimard,1984, p. 97, 174.