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31/07/2026

James Sacré, Compagnie de l'animal poème

james sacré, compagnie de l'animal poème, chien

(L’enfance est beaucoup de merde chiée. Je la sens : dans la lumière du printemps (tuiles, pruniers fleuris). Une espèce de rugosité simple est là (terreaux, soleil, orties tendre). Bardane pour se torcher. Il reste une odeur verte (merde un peu) sur les doigts.)

 

Les chiens la mangent. Langue

Trop rose et manières

Honte montrée délicatesse et caca

Après les crocs propres

Envie de rendre…mais l’odeur

Du trou intime et l’ironie du cul ?

(Printemps infiniment bleu et puant.)

 

James Sacré, Compagnie de l’animal poème,

fario, 2026, p. 74.

30/07/2026

James Sacré, Compagnie de l'animal poème

 

james sacré, compagnie de l'animal poème

       Une chèvre en Méditerranée

 

De temps en temps, souvent

Tout un troupeau qui traverse la route en Grèce, un jour

C’est au bord d’une eau très courante dans la montagne

Grand geste vif du berger pour crocheter la patte

D’une sans doute qu’il y a une raison

On s’est arrêté pour voir, mais tout se passe déjà au loin

On a l’impression de lire (on n’y comprend plus rien)

Un peu d’histoire ancienne, sauf

Que c’est maintenant. Un bout de chèvre pour écrire

En traversant le temps. Pour aller où ? d’où vient-on ?

 

James Sacré, Compagnie de l’animal poème, Fario,

2026, p. 135.

 

29/07/2026

James Sacré, Compagnie de l'animal poème

james sacré, compagnie de l'animal poème, solitude

 

Quand la pluie. Naïf j’y pressens le bonheur : un pays paraît j’y entre et plus rien ne souffre : le temps devient l’herbe, des toits plus rouges (peu d’herbe : plantain maigre, renouée). Les arbres longtemps sont dans la pluie. Les arbres longtemps sont dans la pluie.

 

Dans la lumière que ménage une ouverture dans l’écurie (solitude et paille - midi) sous la masse confuse du taureau tout le dessin pesant fin de l’appareil génital tremble (peut-être) ou c’est le jour dans l’été ou la parole du poème : je déchargerais très longtemps tant de foutre : je devine l’inabordable richesse de mourir.

 

James Sacré, Compagnie de l’animal poème, fario, 2026, p. 66.

28/07/2026

James Sacré, Compagnie de l'animal poème

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Écrire cru qu’on a pu penser

Mais soudain ça ne veut plus rien dire :

Vaine agitation des mots autour d’un sens impossible.

Écrire fleur bleue se fane aussitôt.

 

Grossièreté, naïveté qui te possèdent

Ne sont plus qu’énigme qui t’échappe

 

Tu croyais poème dire mieux et plus intensément

Être caresse intime au bordel de merde et cré-non

À l’obscénité tu butes

Contre un noyau de peur et de désir : quel taureau te regarde ?

Peut-être un leurre. Tu touches

À ta vaine jouissance, au vide.

 

Retrait du poème et c’est comme

Une activité de censure.

 

James Sacré, Compagnie de l’animal poème, Fario,

2026, p. 52.

 

 

27/07/2026

James Sacré, Compagnie de l'animal poème

james sacré, compagnie de l'animal poème, goret

 

Très tard (lieu de bardane et toit rouge dans l’ombre)

Il ne grogne plus il dans le temps transparent

Ni rêve ni rien, il (mais quoi ? où ?) transparent

L’odeur du lamier pourpre et les grands arbres sombres.

 

Goret (silence, oubli) quel souvenir l’obombre ?

Poème où peu de feu (forêt pauvre) s’éprend ;

Dans ses yeux ricaneurs un écolier s’éprend

(Ele est triste à mourir) d’une licorne sombre.

 

Dans le clos (buissons courts, perches rognées, racines)

Il ne grogne plus (mais quoi ?    ) transparent

Il rassemble du temps qu’un poème fascine

 

Mais rien n’y paraît sauf (lieu mangé de bardane)

L’odeur de merde le grand arbre où se déprend

D’une licorne morte un goret qui ricane.

 

James Sacré, Compagnie de l’animal poème, fario,

2026, p. 25.