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03/05/2020

Jean Ristat, Le théâtre du ciel, Une lecture de Rimbaud

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                      O bleu

 

                        Scène 1

 

Au petit matin les anges sont les yeux cernés

Et les boulets qu’ils traînent aux pieds font un bruit de

Casserole de quel bagne sortent-ils donc

Tout tachés de nuit à l’odeur de caoutchouc

Brûlé et leurs jupons déchirés laissent voir

Un genou poilu comme un bleuet

 

                             Scène 2

 

Au petit matin les anges ont les yeux meurtris

Ssi bleus à regarder toujours le ciel bleuir

Qu’ils se confondent avec l’azur un simple verre

Coloré pas même un lapis-lazuli et

Loin là-bas mon pauvre amour les dieux reprirent

Leurs chaussettes un nuage sert d’édredon de

Plumes et tout s’éteint alors il fait vraiment noir

 [...]

Jean Ristat, Le théâtre du ciel, Une lecture de Rimbaud,

Gallimard, 2009, p. 81.

26/03/2020

Eduard Mörike (1804-1875), Poèmes

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                     À l’aimée

 

Lorsqu’à te contempler je me sens apaisé

Comblé, sans faim, sans voix, près de ton ssanctuaire

Je crois alors tout bas entendre respirer

L’ange qui te ressemble et habite en toi.

 

Un sourire étonné et qui doute, incrédule

Vient naître sur ma lèvre : est-ce leurre, illusion,

Puis-je croire enfin que on unique désir,

Mon vœu le plus hardi, en toi sera comblé ?

 

Quand plonge mon esprit d’abîmes en abîmes

J’entends dans l’antre noir de la divinité,

Les sources du Destin au bruit mélodieux.

 

Je porte mon regard chancelant vers les cieux :

Au firmament, là-haut, me sourient les étoiles ;

Et j’écoute à genoux leur beau chant lumineux.

 

Eduard Mörike, Poèmes, traduction Nicole Taubes,

Les Belles Lettres, 2010, p. 151.

29/01/2014

James Sacré, Écrire pour t'aimer ; à S. B.

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              Une semaine avec James Sacré

 

            Qu'est-ce qu'on fait dimanche ?

 

   Beaucoup de gestes pour aimer sont, tout compte fait, presque rien

   Malgré d'extravagantes paroles que des anges ou des chevaux s'ébrouent dedans

   T'en souviens-tu comme je t'emporte à jamais dans mon cœur avec ton beau prénom presque rien,

   La rengaine d'un amour impossible un dimanche et l'odeur de la brillantine

   J'aimerais faire comprendre à travers la qualité rythmique et machine souple

   Des mots mis ensemble.

   L'effet que produit dans mon corps

   La moindre complicité (roublarde ou naïve) que ton sourire accroche

   À du temps qui passe entre nous ;

   Non pas que je tienne à sauver des sentiments de la ruine

   Mais parce que le grand bien-être et force dans le cœur.

   À dire tout bonnement que je t'aime, ça ressemble vraiment

   À l'ange qui galope dans tous mes poèmes : on le voit mal, mais j'écrirai toujours.

 

James Sacré, Écrire pour t'aimer ; à S. B., André Dimanche, 1984, p. 43.