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07/05/2017

Jacques Prévert, La pluie et le beau temps

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             Étranges étrangers

 

Étranges étrangers

 

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel

hommes des pays loin

cobayes des colonies

deux petits musiciens

soleils adolescents de la porte d’Italie

Boumians de la porte de Saint-Ouen

Apatrides d’Aubervilliers

brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris

ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied

au beau ilieu des rues

Tunisiens de Grenelle

embauchés débauchés

manœuvres désœuvrés

Polacks du Marais du Temple des Rosiers

Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone

pêcheurs des Baléares ou du cap Finisterre

rescapés de Franco et déportés de France et de Navarre

pour avoir défendu en souvenir de la vôtre

la liberté des autres

 

Esclaves noirs de Fréjus

tiraillés et parqués

au bord d’une petite mer

où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus

qui évoquez chaque soir

dans les locaux disciplinaires

avec une vieille boîte à cigares

et quelques bouts de fil de fer

tous les échos de vos villages t

ous les oiseaux de vos forêts

et ne venez dans la capitale

que pour fêter au pas cadencé

la prise de la Bastille le quatorze juillet

 

Enfants du Sénégal

dépatriés expatriés et naturalisés

 

Enfants indochinois jongleurs aux innocents couteaux

qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés

de jolis dragons d’or faits de papier plié

Enfants trop tôt grandis et si vite en allés

qui dormez aujourd’hui de retour au pays

le visage dans la terre

et des bombes incendiaires labourant vos rizières

On vous a renvoyé

la monnaie de vos papiers dorés

on vous a retourné

vos petits couteaux dans le dos

 

Étranges étrangers

 

Vous êtes de la ville

vous êtes de sa vie

même si mal en vivez

même si vous en mourez

 

Jacques Prévert La pluie et le beau temps,

Gallimard, 1955, p. 29-31.

30/04/2017

Jacques Prévert, Paroles

                      Prévert.PNG

       Le droit chemin

 

À chaque kilomètre

chaque année

des vieillards au front borné

indiquent aux enfants la route

d’un geste de ciment armé.

 

     Le grand homme

 

Chez un tailleur de pierre

où je l’ai rencontré

il faisait prendre ses mesures

pour la postérité.

 

La bouette ou les grandes inventions

 

Le paon fait la roue

le hasard fait le reste

Dieu s’assoit dedans

et l’homme la pousse.

 

           La cène

 

         Ils sont à table

       Ils ne mangent pas

Ils ne sont pas dans leur assiette

Et leur assiette se tient toute droite

Verticalement derrière leur tête

 

Jacques Prévert, Paroles, Gallimard,

1949, p. 189-192.

04/09/2016

Jacques prévert, Choses et autres

                                             dyn007_original_320_400_pjpeg_2646967_3cb844fc6ed2f98acffd2ccd204d578a.jpg

Les prisons trouvent toujours des gardiens.

 

                                         *

 

La révolution est quelquefois un rêve, la religion, toujours un cauchemar.`

 

 

Jacques Prévert, Choses et autres, Gallimard, 1972, p. 110.

27/12/2015

Jacques Prévert, La pluie et le beau temps

 

jacques prévert,la pluie et le beau temps,étranges étrangers

   Étranges étrangers

 

 

Étranges étrangers

 

Kabyles de la Chapelle et du quai de Javel

hommes des pays loin

cobayes des colonies

deux petits musiciens

soleils adolescents de la porte d'Italie

Boumians de la porte de Saint-Ouen

apatrides d'Aubervilliers

brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris

ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied

au beau milieu des rues

Tunisiens de Grenelle

embauchés débauchés

manœuvres désœuvrés

Polacks du Marais du Temple des Rosiers

cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone

pêcheurs des Baléares ou du cap Finisterre

rescapés de Franco

et déportés de France et de Navarre

pour avoir défendu en souvenir de la vôtre

la liberté des autres

 

Esclaves noirs de Fréjus

tiraillés et parqués

au bord d'une petite mer

où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus

qui évoquez chaque soir

dans les locaux disciplinaires

avec une vieille boîte à cigares

et quelques bouts de fil de fer

tous les échos de vos villages

tous les oiseaux de vos forêts

et ne venez dans la capitale

que pour fêter au pas cadencé

la prise de la Bastille le quatorze juillet

 

Enfants du Sénégal

dépatriés expatriés et naturalisés

 

Enfants indochinois

jongleurs aux innocents couteaux

qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés

de jolis dragons faits de papier plié

Enfants trop tôt grandis et si vite en allés

qui dormez aujourd'hui de retour au pays

le visage dans la terre

et des bombes incendiaires labourant vos rizières

On vous a renvoyé

la monnaie de vos papiers dorés

on vous a retourné

vos petits couteaux dans le dos

 

Étranges étrangers

 

Vous êtes de la ville

vous êtes de sa vie

même si mal en vivez

même si vous en mourez

 

Jacques Prévert, La pluie et le beau temps, Gallimard,

"Le point du jour", 1955, p. 29-31.

 

 

23/12/2015

Jacques Prévert, Histoires

 

                   Et Dieu chassa Adam

 

Et Dieu chassa Adam à coups de canne à sucre

Et ce fut le premier rhum sur la terre

 

Et Adam et Ève trébuchèrent

dans les vignes du Seigneur

la sainte Trinité les traquait

mais ils s’obstinaient à chanter

d’une enfantine voix d’alphabet

Dieu et Dieu quatre

Dieu et Dieu quatre

Et la sainte Trinité pleurait

Sur le triangle isocèle et sacré

un biangle isopoivre brillait

et l’éclipsait.

 

Jacques Prévert, Histoires, Gallimard, 1963, p. 218

 

25/12/2014

Jacques Prévert, Fatras

 

                    jacques prévert,fatras,je vous salis ma rue

     Je vous salis, ma rue

 

Je vous salis ma rue

et je m'en excuse

un homme-sandwich m'a donné un prospectus

de l4armée du Salut

je l'ai jeté

et il est là tout froissé

dans votre ruisseau

et l'eau tarde à couler

Pardonnez-moi cette offense

les éboueurs vont passer

avec leur valet mécanique

et tout sera effacé

Alors je dirai

je vous salue ma rue pleine d'ogresses

charmantes comme dans les contes chinois

et qui vous plantent au cœur

l'épée de cristal du plaisir

dans la plaie heureuse du désir

 

Je vous salue ma rue pleine de grâce

l'éboueur est avec nous.

                        *

Mélodie démolie

 

Au petit mystère

chantait Miss Terre

Optimiste air

chantait fille Mer

Ogre en mystère

Pessimiste ère

chantait super-fils-ciel

 

Il faut bien que genèse se passe

chantait le Père

 

Jacques Prévert, Fatras, Gallimard, "Le Point du jour", 1966, p. 79, 231.

01/05/2014

Jacques Prévert, Choses et autres

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                          Mai 68

 

On ferme !

Cri du cœur des gardiens du musée homme usé

Cri du cœur à greffer

à rafistoler

Cri du cœur exténué

On ferme !

On ferme la Cinémathèque et la Sorbonne avec

On ferme !

On verrouille l'espoir

On cloître les idées

On ferme !

O. R. T. F. bouclée !

Vérités séquestrées

Jeunesse bâillonnée

On ferme !

Et si la jeunesse ouvre la bouche

par la force des choses

par les forces de l'ordre

on la lui fait fermer

On ferme !

Mais la jeunesse à terre

matraquée piétinée

gazée et aveuglée

se relève pour forcer les grandes portes ouvertes

les portes d'un passé mensonger

périmé

On ouvre !

On ouvre sur la vie

la solidarité

et sur la liberté de la lucidité.

 

Jacques Prévert, Choses et autres, in Œuvres complètes, II,

édition établie et annotée par Danièle Gasiglia-Laster et

Arnaud Laster, Pléiade / Gallimard, 1996, p. 346.

01/01/2014

Jacques Prévert, La pluie et le beau temps

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             Étranges étrangers

 

Étranges étrangers

 

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel

hommes des pays loin

cobayes des colonies

doux petits musiciens

soleils adolescents de la porte d'Italie

Boumians de la porte Saint-Ouen

Apatrides d'Aubervilliers

brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris

ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied

au beau milieu des rues

embauchés débauchés

manœuvres désœuvrés

Polacks du Marais, du Temple des Rosiers

Cordonniers de Cordoue, soutiers de Barcelone

pêcheurs des Baléares ou du cap Finisterre

rescapés de Franco

et déportés de France et de Navarre

pour avoir défendu en souvenir d ela vôtre

la liberté des autres

 

Esclaves noirs de Fréjus

tiraillés et parqués

au bord d'une petite mer

où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus

qui évoquez chaque soir

dans les locaux disciplinaires

avec une vieille boîte à cigares

et quelques bouts de fil de fer

tous les échos de vos villages

tous les oiseaux de vos forêts

et ne venez dans la capitale

que pour fêter au pas cadencé

la prise de la Bastille le quatorze juillet

 

Enfants du Sénégal

dépatriés expatriés et naturalisés

 

Enfants indochinois

jongleurs aux innocents couteaux

qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés

de jolis dragons d'or faits de papier plié

Enfants trop tôt grandis et si vite en allés

qui dormez aujourd'hui de retour au pays

le visage dans la terre

et des bombes incendiaires labourant vos rizières

On vous a renvoyé

la monnaie de vos papiers dorés

on vous a retourné

vos petits couteaux dans le dos

 

Étranges étrangers

 

Vous êtes de la ville

vous êtes de sa vie

même si mal en vivez

même si vous en mourez

 

Jacques Prévert, La pluie et le beau temps, Gallimard,

 

1955, p. 29-31.

24/12/2013

Jacques Prévert, Histoires — Soleil de nuit

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Chanson pour les enfants l'hiver

 

          Dans la nuit de l'hiver

galope un grand homme blanc

galope un grand homme blanc

 

C'est un bonhomme de neige

          avec une pipe en bois

un grand bonhomme de neige

           poursuivi par le froid

 

          Il arrive au village

          il arrive au village

     voyant  de la lumière

          le voilà rassuré

 

Dans une petite maison

          il entre sans frapper

Dans une petite maison

          il entre sans frapper

          et pour se réchauffer

          et pour se réchauffer

s'asseoit sur le poêle rouge

   et d'un coup disparaît

   ne laissant que sa pipe

au milieu d'une flaque d'eau

   ne laissant que sa pipe

et puis son vieux chapeau...

 

Jacques Prévert, Histoires, Gallimard, 1963,

p. 139-140.

 

                      *

 

          Cantiques

 

Le voici l'agneau si doux

Le vrai pain des anges

Du ciel il descend sur nous

Dévorons-le tous !

 

Dieu de clémence

odieux vainqueur

sauvez Rome et la France

au nom du Sacré-Cœur !

 

Quel beau jour, quel touchant spectacle

Jésus sort de son tabernacle

et s'avance en triomphe-à-tort.

 

Jacques Prévert, Soleil de nuit, Gallimard, 1980,

 

p. 250.

14/07/2013

Jacques Prévert, La pluie et le beau temps

 pour fêter le 14 juillet

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    Étranges étrangers

 

 

Étranges étrangers

 

Kabyles de la Chapelle et du quai de Javel

hommes des pays loin

cobayes des colonies

deux petits musiciens

soleils adolescents de la porte d'Italie

Boumians de la porte de Saint-Ouen

apatrides d'Aubervilliers

brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris

ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied

au beau milieu des rues

Tunisiens de Grenelle

embauchés débauchés

manœuvres désœuvrés

Polacks du Marais du Temple des Rosiers

cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone

pêcheurs des Baléares ou du cap Finisterre

rescapés de Franco

et déportés de France et de Navarre

pour avoir défendu en souvenir de la vôtre

la liberté des autres

 

Esclaves noirs de Fréjus

tiraillés et parqués

au bord d'une petite mer

où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus

qui évoquez chaque soir

dans les locaux disciplinaires

avec une vieille boîte à cigares

et quelques bouts de fil de fer

tous les échos de vos villages

tous les oiseaux de vos forêts

et ne venez dans la capitale

que pour fêter au pas cadencé

la prise de la Bastille le quatorze juillet

 

Enfants du Sénégal

dépatriés expatriés et naturalisés

 

Enfants indochinois

jongleurs aux innocents couteaux

qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés

de jolis dragons faits de papier plié

Enfants trop tôt grandis et si vite en allés

qui dormez aujourd'hui de retour au pays

le visage dans la terre

et des bombes incendiaires labourant vos rizières

On vous a renvoyé

la monnaie de vos papiers dorés

on vous a retourné

vos petits couteaux dans le dos

 

Étranges étrangers

 

Vous êtes de la ville

vous êtes de sa vie

même si mal en vivez

même si vous en mourez

 

Jacques Prévert, La pluie et le beau temps, Gallimard,

"Le point du jour", 1955, p. 29-31.

 

 

 

 

03/06/2013

Jacques Prévert, Fatras

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     Je vous salis ma rue

 

Je vous salis ma rue

et je m'en excuse

un homme-sandwich m'a donné un prospectus

de l'Armée du Salut

je l'ai jeté

et il est là tout froissé dans votre caniveau

et l'eau tarde à couler

Pardonnez-moi cette offense

les éboueurs vont passer

avec leur valet mécanique

et tout sera effacé

Alors je dirai

je vous salue ma rue pleine d'ogresses

charmantes comme dans les contes chinois

et qui vous plantent au cœur

l'épée de cristal du plaisir

dans la plaie heureuse du désir

 

Jacques Prévert, Fatras [1966], dans Œuvres complètes, II,

Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1996, p. 41.

 

 

 

 

 

09/03/2013

Jacques Prévert, Choses et autres

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                                        Graffiti

 

L'égaré demande son chemin, l'affolé demande l'heure, la minute ou l'année, le mendiant demande l'aumône, le condamné grâce.

Certains ne demandent rien.

                              *

Un homme à la mer, une femme à l'amour

                                         (La veuve du capitaine)

                              *

Nul n'est insensé qui ignore la loi.

                              *

Une foi est coutume.

                              *

Il n'y a pas cinq ou six merveilles dans le monde, mais une seule : l'amour

                              *

Néant + néanmoins

                              *

L'enfant qui verse, histoire de rire, son encrier dans un bénitier, est plus drôle et plus vrai que Luther qui disait avoir jeté le sien à la tête du diable.

                              *

L'homme dit « ma maîtresse, mes maîtresses ! ». La femme ne dit pas « mon maître ».

                              *

Les prisons trouvent toujours des gardiens.

                              *

La révolution est quelquefois un rêve, la religion, toujours un cauchemar.

                             

Jacques Prévert, Choses et autres, "Le Point du jour", Gallimard, 1972, p. 105, 106, 106, 107, 107, 108, 108, 109, 110, 110.

 

 

 

 

 

08/05/2012

Jacques Prévert, Choses et autres

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                                  Mai 1968

 

                                          I

 

On ferme !

Cri du cœur des gardiens du musée homme usé

Cri du cœur à greffer

à rafistoler

Cri d'un cœur exténué

On ferme !

On ferme la Cinémathèque et la Sorbonne avec

On ferme !

On verrouille l'espoir

On cloître les idées

On ferme !

O. R. T. F. bouclée

Vérités séquestrées

Jeunesse bâillonnée

On ferme !

Et si la jeunesse ouvre la bouche

par la force des choses

par les forces de l'ordre

on la lui fait fermer

On ferme !

Mais la jeunesse à terre

matraquée piétinée

gazée et aveuglée

se relève pour forcer les grandes portes ouvertes

les portes d'un passé mensonger

périmé

On ouvre !

On ouvre sur la vie

la solidarité

et sur la liberté de la lucidité.

 

                                              II

 

   Des gens s'indignent que l'Odéon soit occupé alors qu'ils trouvent tout naturel qu'un acteur occupe, tout seul, la Tragi-Comédie-Française depuis de longues années afin de jouer, en matinée, nuit et soirée, et à bureaux fermés, le rôle de sa vie, l'Homme providentiel, héros d'un très vieux drame du répertoire universel : l'Histoire antienne.

 

Jacques Prévert, Choses et autres, "Le Point du Jour", Gallimard, 1972, p. 236-237.

20/11/2011

Jacques Prévert, Fatras - Choses et autres

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La fête secrète

 

Au carrefour impossible de l'immobilité

une foule d'objets inertes

ne cesse de remuer de frémir de danser

Et les facteurs du vent

comme ceux de la marée

éparpillent le courrier

Chaque chose sans doute est destinée à quelqu'un

       ou à quelque chose peut-être

La plume de l'oiseau

comme l'écaille de l'huître

la croix de la légion d'honneur

comme l'étoile de mer

ou la patte du crabe et l'ancre du navire

la grenouille de fer vert

et la poupée de son

et le coller du chien

Et dans ce paysage où rien ne semble bouger

sauf la bougie du naufrageur dans la lanterne rouillée

c'est la fête secrète

la fête des objets.

 

Jacques Prévert, Fatras, "Le point du jour", Gallimard, 1966, p. 237.

 

 

Ne rêvez pas

(L'ordinateur)

 

Ne rêvez pas

pointez

grattez vaquez marnez bossez trimez

Ne rêvez pas

l'électronique rêvera pour vous

Ne lisez pas

l'électrolyseur lira pour vous

Ne faites pas l'amour

l'électrocoïtal le fera pour vous

 

Pointez

grattez vaquez marnez bossez trimez

Ne vous reposez pas

le Travail repose sur vous

 

Jacques Prévet, Choses et autres, "Le point du jour",

Gallimard, 1972, p. 234.