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02/01/2020

Pierre Voélin, Douze poèmes trop courts, plus deux

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Tu tiens ta partie — gentille alouette,

découpes d’un chant — les trilles

dans le bleu cruel le cristal

céleste.

 

Pigeon de mai — immobile

sous la pluie — le temps,

goutte à goutte,

à son bec.

 

Sycomore — les feuilles mortes,

paumes de novembre :

le froid, la terre

et sa livrée.

 

Pierre Voélin, Douze poèmes trop courts,

plus deux, dans la revue de belles-lettres,

2019, 2, p. 7.

24/01/2014

Jean-Loup Trassard, Caloge

                                   Jean-Loup Trassard, Caloge, blé, mer, oiseau, alouette

          Une semaine avec Jean-Loup Trassard

 

   Mer bientôt blonde sur ses orges, mer chevelue de seigles roux. Nous sommes là simplement pour voir. Pour marcher de façon précaire au bord d'une sphère sur son orbe. Et nous croyons que rien n'entame le regard de l'homme vers la mer.

   Marée montante du blé vert, reflux des pailles qui laissent le chaume aride. Dans l'étendue de ciel béant les oiseaux n'ont pas coutume de se percher, ils nichent sur le sol, faute de branches passent en élévation, ou chutes, leur vie criante. Alouettes que leur chant maintient hautes, qui soudain tombent en deux ou trois paliers, et devant notre étrave le vol de l'œdicnème. D'entre les vagues céréales mûrissantes sort l'appel d'une caille, nous la nommons.

   Sensible à cette respiration longue qui nous fait sur les champs monter descendre, à l'ample courbe qui jusqu'au lointain baisse relève les champs avec lenteur, nous allons sous la voile du ciel tendu, à chacun pour seule mâture sa verticalité, d'espace ivres.

 

Jean-Loup Trassard, Caloge, Le temps qu'il fait, 1991, p. 28.