03/07/2026
Eduard Mörike, Poèmes

Au petit jour
Mon œil sans sommeil brûle encore
Quand déjà le jour va paraître
À la fenêtre de ma chambre
Mon esprit s’agite, égaré,
Tiraillé, assailli de doutes,
Halluciné par des fantômes.
- Cesse donc, mon âme angoissée
Cesse enfin de te tourmenter !
Réjouis-toi ! Ici et là
Déjà s’éveillent les matines.
Eduard Mörike, Poèmes, bilingue,
Traduction Nicole Taubes, Les
Belles Lettres, 2010, p. 24.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eduard mörike, poèmes, angoisse |
Facebook |
02/07/2026
Eduard Mörike, Poèmes

Bien une heurette avant le jour
Tandis que je dormais encore
Bien une heurette avant le jour ;
Sur l’arbre, devant ma fenêtre,
Tout bas l’hirondelle a chanté,
Bien une heurette avant le jour.
‘Écoute ce que j’ai à dire !
J(accuse ici ton bon ami :
Sache que tandis que je chante,
Il est auprès d’une autre fille
Bien une heurette avant le jour !
Ô douleur, ne m’en dis pas plus !
Plus un mot ! je n’en sais que trop !
Envole-toi ! quitte ma branche !
Adieu cœur vain et vain amour !
Bien une heurette avant le jour.
Eduard Mörike, Poèmes, bilingue,
traduction de l’allemand Nicole Taubes,
Les belles lettres, 2010, p. 13-14.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eduard mörike, poèmes, tromperie |
Facebook |
01/07/2026
La Fontaine, Fables, VIII, 24

L’éducation
Laridon et César, frères dont l’origine
Venait de chiens fameux, beaux, bien faits et hardis,
À deux maîtres divers échus au temps jadis,
Hantaient l’un les forêts, l’autre la cuisine.
Ils avaient eu d’abord chacun un autre nom :
M is la diverse nourriture
Fortifiant en l’un cette heureuse nature,
En l’autre l’altérant, un certain marmiton
Nomma celui-ci Laridon :
Son frère, ayant couru mainte haute aventure,
Mis maint Cerf aux abois, maint Sanglier abattu,
Fut le premier César que la gent chienne ait eu.
On eut soin d’empêcher qu’une indigne maîtresse
Ne fit en ses enfants dégénérer son sang :
Laridon négligé témoignait sa tendresse
À l’objet le premier passant.
Il peupla tout de son ignorance :
Tournebroches par lui rendus communs en France
Y font corps à pat, fuyant les hasards,
Peuple antipode des Césars.
On ne suis pas toujours ses aïeux ni son père :
Le peu de soin, le temps, tout fait qu’on dégénère :
Faute de cultiver la nature et ses dons,
Ô combien de Césars deviendront Laridons !
La Fontaine, Fables, VIII, 24, édition Jean-Paul
Collinet, Pléiade/Gallimard, 1991, p. 577.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la fontaine, fables, éducation |
Facebook |

