09/06/2026
Armand Robin, Ma vie sans moi

Mon après-minuit
C’est une heure où le corps, où le monde ont dû renoncer à leurs apparences abusives. Tout ce qui est néant est bien anéanti : il ne reste hors de l’être que l’âme, hors des choses que leur éternité.
Chaque jour au bout de vingt heures, je m’arrête et m’endors malgré moi ; mon sommeil est traversé de regrets. Du moins je me refuse à mon sommeil, je préfère, abasourdi, que mon sommeil soit, [.], que je n’en sois pas coupable.
Armand Robin, Fragments, dans Ma vie sans moi, éditions Françoise Morvan, Poésie/Gallimard, 2026, p. 303.
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