19/10/2026
André Frénaud, Hæres,

La femme qui pleure de Picasso (1939)
La femme avait vu si violemment le sang
qu’elle en demeura sans larmes,
et ses yeux se trouvèrent tout à coup
dessaisis,
et les seins et le nez et les mains prirent tous
une difformité calamiteuses
et — si l’on se souvient de ce jour-là —
c’est chacun de nous qui portions au cœur
l’Espagne du peuple,
dont les yeux interdits se désaccordèrent,
morceaux déviés, agrandis,
devant un monde que l’on ne pourrait désormais
FIXER
André Frénaud, Hæres, Gallimard, 1982, p. 260
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES, Frénaud André | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : andré frénaud, hæres, pleurer |
Facebook |


Écrire un commentaire