18/10/2026
André Frénaud, Hæres,

Rêveuse cuisine
Les gras s’assemblent au mitan,
le gris s’assimile toute la boutique,
la grosse balance pèse les moustiques
et joue toute seule en maugréant.
La carence de la légume fait mine misérable
à la resserre.
— Ô temps des gigots et des châteaubriants,
pourquoi scander encore
ccs scandaleux jours de famine,
pour l’horloge des grands-parents ? Ô temps
des chaudrons qui chantaient, des chandelles…
— Dort la bonne, elle a des envies
de perdre sa place :
dans la nuit de la fête,
le petit veau froid a mangé l’oie
dans le frigidaire.
André Frénaud, Hæres, Gallimard, 1982, p. 103.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES, Frénaud André | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : andré frénaud, hæres, suisiner |
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