16/10/2026
Étienne Faure, Ciné-plage
Je t’aime — ou alors d’un regard,
d’un bouquet de fleurs, d’un décasyllabe,
la flamme est déclarée —
je t’aime, aspire à toi, sans arrêt prétends,
ne puis songer à d’autres peaux que tienne,
l’ai dedans, non, l’inverse, assigné
à chercher l’ordre des syllabes, leur prescience
pour fabriquer dans une langue à toi,
d’emprunt ou d’origine — prédilection —
te quiero, ti ama, I love you,
ou alors rien, laisser les doigts migrer
vers la main elle aussi envahie de fièvre
dans un accord parfait des épidermes
atteignant par la surenchère le haut degré
des peaux grièvement brûlées
à la passion.
brûlante
Étienne Faure, Ciné-plage, Champ Vallon,
2015, p. 100. Photo C. Tanet
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : étienne faure, ciné-plage, passion |
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