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30/05/2026

Eugène Savitzkaya, Les couleurs de boucherie

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Châtié il saigna, peignit le pré,

ouvrit son sac et dispersa, tou-

chant les pieds collés du héros,

les franges, tout le costume, les

jambes et même mouillé et tran-

si, tout éclaboussé, le bas de

la robe, l’étoffe brûlée. S’il

pouvait sucer dissimulé sous l’a-

verse, dévorer et, masquant son

appétit, goûter du lotus du bout

des lèvres, du bec, la langue un

peu divisée, colorée, giovanni sur

place, déjà penché et prêt au

supplice, murmure et plainte.

 

Eugène Savitzkaya, Les couleurs de

Boucherie, Flammarion, 2019, p. 139.

07/12/2019

Eugène Savitzkaya, Les couleurs de boucherie

          FIG_2016_-_Eugène_Savitzkaya_02.jpg

Odorant véhicule apparu, le maî-

tre garçon, conducteur de limon,

parle de debora odorante, le jas-

min apparu, d’herbe envahie de-

bora brûlait ses lotus, dévorait,

colorait sa poupée jaune, morceau

de machine, debout au milieu des

fleurs, au pré et la flamme lé-

chait l’intérieur, l’index, l’ocre

bâton mouillé, parfumé, ogre odo-

rant, méchant. Le pourpre apparu,

l’archer immobile, le doigt vers

la debora mouillée,, morte odorante

et sainte, sa lingerie transper-

cée, le suc sur la paume, et du

giovanni le chalumeau encore au

 pot et transparent, humide, petit

pinceau.

 

Eugène Savitzkaya, Couleurs de boucherie,

Poésie / Flammarion, 2019, p. 154.