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08/02/2020

Antoine Emaz, Peau

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Vert, I (31.09.05)

 

on marche dans le jardin

 

il y a peu à dire

 

seulement voir la lumière

sur la haie de fusains

 

un reste de pluie brille

sur les feuilles de lierre

 

rien ne bouge

sauf le corps tout entier

 

une odeur d'eau

la terre acide

 

les feuilles les aiguilles de pin

 

silence

sauf les oiseaux

 

marche lente

le corps se remplit du jardin

sans pensée ni mémoire

 

accord tacite

avec un bout de terre

rien de plus

 

ça ne dure pas

cette sorte de temps

 

on est rejoint

par l'emploi de l'heure

l'à faire

 

le corps se replie

simple support de tête

à nouveau les mots

l'utile

 

on rentre

 

on écrit

ce qui s'est passé

 

il ne s'est rien passé

 

Antoine Emaz, Peau, encres de Djamel Meskache,

éditions Tarabuste, 2008, p. 25-28. © Photo T. Hordé, 2012

01/01/2012

Antoine Emaz, Sauf

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                                 L'élan, l'impact

 

Au commencement, une poignée de terre ou une tête, serrée, trop.

Fuir haut.

 

Gong bleu. N'importe où l'impact. Un long frémissement à peine, immense, léger.

       

Une tête contre le ciel s'étoile. Miettes.

 

Pluie de sable sec.

 

Fin, en bas. De force rassemblée, une tête à nouveau serrée, un peu.

 

***

Dans la peur coincé, puis comme un souffle au point où on avait peur sans mots.

 

Brusquement, tout le corps emporté par le souffle monte, libre, vite, heurte le ciel, trop près.

 

La force brise net contre : un bruit d'os. Ciel à peine étoilé.

 

Longtemps la poussière retombe.

 

En bas, on est au bout, à la fin, avec quelques mots et la peur qui revient.

 

***

La peur trop : l'élan vers l'air, plus haut.

 

Bleu massif et sans bords.

 

Tant que l'élan nous plaque au ciel, on tient contre, sans appui.

 

Au bout de la force, une retombée lente, vidé.

 

Les mots, la tête à la fin, une poignée de sable sec.

 

***

être à l'étroit

trop brusque

l'appel

 

gong bleu choc

 

la tête en miettes

en bas

on refait figure

 

compact

à nouveau

on se tient comme on peut

 

Antoine Emaz, L'élan, l'impact, dans  Sauf,

dessins de Djamel Meskache,Tarabuste, 2011, p. 53-54.

© Photo Tristan Hordé