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01/06/2026

Henri Pichette, Poèmes offerts

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                 à Alexander Calder et à Louisa

 

                  Un brin de brise ouvre le bal

                  Les mobiles dansent en silence

À peine un cliquetis de pétales de métal

                           Au ralenti

                  Dans une gravitation de rêve

 

Mon ancêtre, dit le mobile, c’est l’Arbre

                    Mû par le vent

Ô du banian très vieux les racines aériennes !

                  Les gestes fleuris de l’amandier !

                     Le tremble si sensible !

         Les linaigrettes, roseaux, lunules, ombelles

                  Embellissent la parentèle.

Oui, combien comme moi sont œuvres qu s’émeuvent

                  Au moindre souffle d’air.

 

C’est comme une foresterie claire et gaie

De cimes qui dodinent, de branches qui tournoient,

De bouquets d’ovales, de rhombes, de polygrammes,

            Par-ci trois couleurs en treize feuilles,

            Par-là treize feuilles dont une rouge,

                  Quant à cette blanche palme,

                Elle a le calme d’une aile d’ange.

 

C’est la fête du fil de fer ! et de l’humour à Sandy

Dix disques diversicolores pour les beaux yeux de Kiki,

Porc qui pique dans tous ses états devant Lys de force,

         Pendule rouge avec Contrepoids jaune,

              Ondulant à cinq gouvernails,

                 Manège de losanges orange,

                  Apothéose mimosa.

 

Ici

         Un quadrille de quarts de lune,

La révolution d’une planète bleue avec sa lunule ;

       Des jeux d’éclipses entre cercles peints

             Aux trois couleurs simples,      

       Une constellation de flocons de neige,

                  Un soleil grand rouge.

Le ciel calderien est à portée de la main.

 

                     Mobiles

  Superbes d’indolence comme de nonchaloir,

         De bercement et de balancement,

         Vous semblez pris de folie douce

Ou d’une jubilation merveilleusement paisible.

         Mobiles rebelles à l’intempérie,

    Vous êtes l’œuvre d’un génie tout américain

         Sur qui a soufflé l’esprit de la Paix.

                  Fort d’un si bel exemple,

                    L’air ! prenons l’air

                    Et sculptons-nous une âme.

 

Henri Pichette, Poèmes offerts, Granit, 1982, p.79-81.

 

                 

 

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