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07/07/2026

Eduard Mörike, Poèmes

eduard mörike, poèmes, solitude, sonnet

Au bord de la forêt

 

En lisière du bois j’aime attendre le soir

Et dans l’herbe allongé écouter le coucou

Lorsque dans la vallée, apaisante berceuse,

Sa plainte monotone égrène ses deux notes.

 

C’est là que je suis bien, de la pire des plaies,

Des grimaces du monde, enfin hors de portée :

Me conformer à lui ici m’est épargné,

Je peux faire à mon gré et suivre mon idée.

 

Et ces gens distingués s’ils savaient seulement

Le plaisir du poète à gaspiller son temps

Ils finiraient, qui sait, par m’envier.

 

Car mon sonnet jaillit, en festons empressés

Et tout seul, dirait-on, veut sortir de mes mains

Cependant que mes yeux paissent dans les lointains.

 

Eduard Mörike, Poèmes, bilingue, traduction

Nicoles Taubes, Les Belles Lettres, 2010, p. 148.

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