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04/10/2026

Emily Brontë, Cahier de Poèmes

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Pour toi le désespoir n’a pas lieu d’être

Tant que la nuit les étoiles brûlent -

Tant que le soir répand sa rosée muette

Ou que le soleil dore le matin –

 

Le désespoir n’a pas lieu d’être - les larmes

Dussent-elles couler comme un fleuve –

Tes années les plus chères ne sont-elles pas

Pour toujours autour de ton cœur ?

 

On pleure – tu pleures – C’est la règle –

Les vents soupirent avec tes soupirs

Et l’hiver épanche son chagrin en neige

Où les feuilles d’automne gisent

 

Pourtant elles revivent – et de leur destin

Ton destin est inséparable

Alors, homme, avance sinon jubilant

Du moins jamais le cœur brisé –

 

Emily Brontë, Cahiers de poèmes, traduction

Claire Malroux, éditions Corti, 2026 (1995), p.50.

 

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