06/10/2026
Emily Brontë, Cahier de poèmes

À A.G.A.
De qui pinçait ta corde étrangère
Il semble que ce cœur n’ait plus souci
Alors d’où vient l’émoi que tu fais naître
Vieille guitare, en mon âme triste ?
C’est comme si une chaude lumière
Au fond d’un val s’attachait à loisir
Quand dans leurs nues l’orage et la nuit
Auraient voilé le globe père —
C’est comme si le ruisseau en son miroir
Gardait le reflet de ses beaux saules
Bien que sous la hache voici longtemps
Leurs cheveux lustrés aient mordu la poussière ;
De même, ô guitare, tes sons magiques
Ont tiré des larmes, éveillé des soupirs,
Ont fait resurgir le torrent ancien
Dont pourtant la source même est tarie !
Emily Brontë, Cahier de poèmes, traduction
Claire Malroux, éditions Corti, 2026 (1995), p. 103.
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