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27/07/2018

Armand Robin, Le temps qu'il fait

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Le silence

 

Le temps pour l’aube d’être aubépine et solitaire.

Le temps d’une aile d’hirondelle. Le temps pour l’air de se ployer. L’espace écarte ses deux rives, range son lit de souffles lisses, se maintient droit : le temps pour l’herbe de faire place sans s’agiter.

Le temps pour l’aubépine d ‘étendre ses dix bras. Vite fait. Le ciel aide.

Le temps du pavillon de toutes les couleurs. Le temps d’un rayon plus frais qui perle goutte à goutte.

Le temps pour l’hirondelle de couler. Le temps d’être libre. Le temps d’être l’aube. Le temps d’être l’âme. Le temps pour l’âme d’étendre ses dix bras.

Le temps d’être sauvage, d’être  fait de rosée, de se croiser les bras vaillants, humides.

Le temps d’être au monde pour aimer, le temps d’aimer pour être au monde.

Le temps pour l’hirondelle de revenir. Le temps d’une herbe qui reprend calme.

Le temps qui va du souvenir à l’avenir.

Le temps sans rien que lui-même.

 

Armand Robin, Le temps qu’il fait, L’imaginaire/ Gallimard, 1986, p. 108-109.

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