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30/10/2012

Ariane Dreyfus, La bouche de quelqu'un

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          La nécessité intérieure

 

 

Mon seul livre qui n'aurait pas fini.

 

Aimer un seul homme, écrire un seul livre

Plus de clôture, plus de barrière finale.

Les pages avançaient, parfois un plus grand baiser

se couchait et ce poème gardait de vraies lèvres

Séduite, la poésie devenait femme

Qui marchait plus vite qu'elle

 

Puisqu'elle avait ta main

La droite, la gauche

Sur ma cuisse ou ma hanche

 

Mes chevaux, mes fictions ?

Pas d'autre film que ton sexe de tous les moments.

 

J'ai vu disparaître la poésie

Et pourtant nous sourions tous les deux

Quand ton souffle me brûle les oreilles presque

 

Depuis

J'écris encore plus vite

Je lance — nous ne sommes pas morts — tous mes mots

Dans le seul feu que j'ai voulu

 

Viens voir toi aussi

Nous ne parlerons pas

Il éclaire, il chauffe

Et il danse.

 

Ariane Dreyfus, La bouche de quelqu'un, Tarabuste,

2003, p. 63-64.

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