24/04/2026
Geoffrey Squires, Littoral

Mouvement de l’autre côté
qui se brise sur le cap
la pointe de l’île
Une longue houle lente
qui vient du sud-ouest
Vague après vague
Ey à la fin on s’en lasse de la mer je veux dire
sa régularité sa monotonie
sa régénération infinie
Geoffrey Squires, Littoral, traduction François
Heusbourg, éditions Unes, 2026, p. 43.
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09/07/2017
Rainer Maria Rilke, La mélodie de l'amour et de la mort du cornette Christoph Rilke

Chevaucher, chevaucher, chevaucher, le jour, la nuit, le jour.
Chevaucher, chevaucher, chevaucher.
Et la vaillance est maintenant si lasse et la nostalgie si grande. Il n’y a plus de montagnes, à peine un arbre. Rien n’ose se lever. Des cahutes étrangères sont accroupies assoiffées près de puits envasés. Nulle part une tour. Et partout le même tableau. On a deux yeux en trop. La nuit seulement, on croit parfois connaître le chemin. Peut-être que nous refaisons sans cesse la nuit le trajet que nous avons péniblement gagné sous un soleil étranger ? C’est possible. Le soleil est pesant, comme chez nous en plein été. Mais nous avons fait nos adieux en été. Les robes des femmes brillèrent longtemps sur la verdure. Et nous chevauchons maintenant depuis longtemps. On ne peut donc qu’être en automne. Du moins là où des femmes tristes nous connaissent.
Rainer Maria Rilke, La mélodie de l’amour et de la mort su cornette Christoph Rilke, traduction Roland Crastes de Paulet, Alia, 2017, p. 11.

