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02/03/2022

Joyce Mansour, Carré Blanc

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Lèvres acides et luxurieuses

Lèvres aux fadeurs de cire

Lobes boudeurs moiteurs sulfureuses

Rongeurs rimeurs plaies coussins rires

Je rince mon épiderme dans ces puits capitonnés

Je prête mes échancrures aux morsures et aux mimes

La mort se découvre quand tombent les mâchoires

La minuterie de l’amour est en dérangement

Seul un baiser peut m’empêcher de vivre

Seul ton pénis peut empêcher mon départ

Loin des fentes closes et des fermetures à glissière

Loin des frémissements de l’ovaire

La mort parle un tout autre langage

 

Joyce Mansour, Carré blanc, éditions Le Soleil noir,

1961, p. 121.

13/01/2017

Joyce Mansour, Carré blanc

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                  Du doux repos

 

Prends vire une plume

Écris

Je volerai je volerai

L’orbite de la lune sauvage

Les grêles sanglots des vagues

Venues de l’autre rive

Vagues vaguelettes bandelettes et babillage

Écris

Roule entre mes bras

Ainsi qu’un caillou entre le ciel et le fond

D’un puits

Le sable sauvegarde de l’aveugle

Sur le parchemin de sa nuit

Prends vite du papier

Écris

Suis-moi entre les plates-bandes

Tranchées béquilles épines

Écoute

Les confidences de la rose

Mâchées hachées anodines

  

                                    Herbes

 

Lèvres acides et luxurieuses

Lèvres aux fadeurs de cire

Lobes boudeurs moiteurs sulfureuses

Rongeurs rimeurs plaies coussins rires

Je rince mon épiderme dans ces puits capitonnés

Je prête mes échancrures aux morsures et aux mimes

La mort se découvre quand tombent les mâchoires

La minuterie de l’amour est en dérangement

Seul un baiser peut m’empêcher de vivre

Seul ton pénis peut empêcher mon départ

Loin des fentes closes et des fermetures à glissière

Loin des frémissements de l’ovaire

La mort parle un tout autre langage

 

Joyce Mansour, Carré blanc, éditions Le Soleil noir, 1961, p. 121 et 94.

 

15/08/2012

Joyce Mansour, Carré blanc

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                                    Herbes

 

Lèvres acides et luxurieuses

Lèvres aux fadeurs de cire

Lobes boudeurs moiteurs sulfureuses

Rongeurs rimeurs plaies coussins rires

Je rince mon épiderme dans ces puits capitonnés

Je prête mes échancrures aux morsures et aux mimes

La mort se découvre quand tombent les mâchoires

La minuterie de l’amour est en dérangement

Seul un baiser peut m’empêcher de vivre

Seul ton pénis peut empêcher mon départ

Loin des fentes closes et des fermetures à glissière

Loin des frémissements de l’ovaire

La mort parle un tout autre langage

 

Joyce Mansour, Carré blanc, éditions Le Soleil noir,

1961, p. 121 et 94.

22/12/2011

Joyce Mansour, Carré blanc

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Du doux repos

 

 

Prends vite une plume

Écris

Je volerai je volerai

L'orbite de la lune sauvage

Les grêles sanglots des vagues

Venues de l'autre rive

Vagues vaguelettes bandelettes et babillage

Écris

Roule entre mes bras

Ainsi qu'un caillou entre le ciel et le fond

D'un puits

Le sable sauvegarde de l'aveugle

Sur le parchemin de sa nuit

Prends vite du papier

Écris

Suis moi entre les plates bandes

tranchées béquilles épines

Écoute

Les confidences de la rose

Mâchées hachées anodines

Écris donc sur le dos d'un raz-de-marée

Grave ton signe

Mille fois inscris

La joie muette de l'ordure

Sous les voiles soumises

De l'aigue-marine

Trace

Le trait indélébile

Mon vert cœur épris ô maléfice de la lune

Signe résolument de ta verge hautaine

Sur le casque et le heaume de l'escargot cacheté

Écris signe barre

Je me noie dans l'encrier du moindre mot

Jamais

 

 

Poème sur papier rose

 

 

Ma passion gravée sur une petite pierre

Seule roule aveugle

Vers

Le nombre

Quinze

 

Servante effroyable de ta cuisse contraire

Ma bouche vide ton corps de son sperme

Ma langue greffe des sauvageons

Sur le buste du Quai Voltaire

Suivre ton usage

Dormir

 

Irruption des barbares

Versons la semence ânonnante de samedi

Dans la gamelle de la dixième chambre

Effaçons la Justice de nos portillons

Quel mot est plus faux que le mot gratuit

 

Joyce Mansour, Carré blanc, "Le Soleil Noir", éditions du Soleil, 1965, p. 121-122 et 67.