03/05/2026
Camille Loivier, Je la suis devenue

piétinées ou simplement foulées aux pieds
elles foulent les feuilles tombent
— les orties se redressent
elles piétinent les fruits blets
(pommes poires raisins)
quelques corps de femmes aussi
juste quelques bras oubliés —
des mains mutilées
des cous étranglés
peut-être même ne les voient-elles pas
elles sont dedans
s’emballent
continuent de piétiner
Camille Loivier, Je le suis devenue, éditions
Lanskine, 2026, p.51.
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02/05/2026
Camille Loivier, Je la suis devenue

art pariétal
les femmes de préhistoire ont peint [aussi]
sur les parois des grottes où dormaient
des dizaines d’ours aux fourrures chaudes
paumes douces et [aussi] des hommes
les femmes de préhistoire chassaient [aussi]
leurs mains négatives sur les parois [aussi]
des signatures [peut-être] des présences sûres
elles [aussi] créatrices dès le plus jeune âge
et pas seulement d’enfants tandis que les
hommes [non] mais [peut-être] des artistes [aussi]
Camille Loivier, Je la suis devenue, éditions
Lanskine, 2026, p. 50.
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01/05/2026
Camille Loivier, Je la suis devenue

pendant longtemps
et jusqu’à aujourd’hui peut-être
caméléone
corneille avec brindille dans le bec pour le nid
et dans une forêt-arbre feuille seule et feuille dans l’arbre
pie avec la pie, chien avec le chien
c’est pour éviter cette multiplication
que je recule souvent en moi-même
face aux murs je deviens mure
choquée et boursouflée, écaillée
brune ou grise, peau vivante et
peau rongée
s’appuyer contre
Camille Loivier, Je la suis devenue, éditions
Lanskine, 2026, p.15.
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